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Japon ; trois réacteurs en fusion et cela ne fait même plus partie de l’actualité très médiatisée...

mercredi 25 mai 2011, par Robert Paris

Tepco a confirmé mardi officiellement que le combustible avait fondu dans trois réacteurs de Fukushima

"Il est probable que la fusion se soit produite au sein des réacteurs deux et trois" comme dans le réacteur numéro un, a reconnu Tepco, opérateur de la centrale nucléaire.

Le "pire scénario" évoqué quelques jours après la catastrophe nucléaire s’est donc bien produit, comme le soupçonnaient depuis le début de nombreux experts.

L’opérateur a expliqué que le combustible partiellement fondu était désormais presque complètement immergé sous les tonnes d’eau injectées dans les cuves, comme l’attestent les températures relativement basses relevées sur les parois.

Les réacteurs "sont en cours de refroidissement et leur condition est stable", a affirmé le porte-parole, écartant le risque d’une nouvelle fusion incontrôlée.

Pour ne rien arranger, les cuves fuient Pendant plusieurs semaines après la catastrophe, l’opérateur, comme le gouvernement, n’avait évoqué qu’une fusion partielle.

Selon les dernières informations publiées par Tepco et l’Agence japonaise de sûreté nucléaire, la cuve sous pression et l’enceinte de confinement du réacteur 1 "seraient endommagées et fuiraient".

L’état des cuves des réacteurs 2 et 3 est "inconnu" mais l’enceinte de confinement du 2 a "probablement été endommagée" et fuirait elle aussi.

Tokyo promet de livrer toutes ses données à l’AIEA Le gouvernement japonais a approuvé mardi la constitution d’une commission d’experts indépendants afin d’enquêter sur cet accident, le plus grave depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

Le ministre de l’Industrie du Japon a promis mardi aux experts dépêchés par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de leur donner toutes les données disponibles sur la centrale sinistrée de Fukushima.

L’équipe, qui doit inspecter la centrale vendredi, présentera ses conclusions au gouvernement japonais le 1er juin et livrera son rapport lors d’une conférence de l’AIEA au niveau ministériel à Vienne à la fin du même mois.

L’IRSN estime qu’il faudrait élargir le périmètre d’évacuations Des dizaines de milliers de personnes vivant dans des zones contaminées au Japon au-delà de la zone d’évacuation initiale de 20 km, devraient être évacuées, estime l’Institut de radioprotection et de sécurité nucléaire (IRSN).

Plus de 80.000 personnes ont été évacuées d’une zone interdite d’accès dans un rayon de 20 km autour de la centrale de Fukushima. Mais l’IRSN souligne que des dépôts importants d’éléments radioactifs ont été relevés au-delà de la zone de 20 km.

Environ "70.000 personnes dont 9.500 enfants de 0 à 14 ans" vivent dans ces "territoires les plus contaminés" par le panache radioactif de la centrale, indique un rapport d’évaluation de l’impact des doses reçues publié lundi soir par l’IRSN.

Faute d’évacuation, elles risquent de subir une irradiation externe de plus de 10 millisieverts (mSv) dans l’année suivant l’accident de Fukushima , selon l’IRSN qui ne prend pas en compte la contamination interne due à l’éventuelle ingestion d’aliments contaminés.

L’état des réacteurs de la centrale nucléaire dévastée de Fukushima dai-ichi soulève une étrange polémique au Japon.

Cette polémique provient d’une déclaration de l’opérateur japonais TEPCo selon lequel le coeur nucléaire - le combustible, un assemblage d’uranium, de plutonium et de produits de fission - est « fondu en grande partie », pour les trois réacteurs et probablement amassé sous la forme d’un corium - un amas fondu - au fond des cuves.

Cette affirmation proviendrait de « l’un de principaux éléments nouveaux, l’entrée des équipes dans les bâtiments des réacteurs », explique Thierry Charles, qui suit de près la situation pour l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Les 5 mai (pour le réacteur N°1), 17 mai (pour le N°2) et 18 mai (pour le N°3), des équipes ont pu pénétrer pour la première fois depuis l’accident, dans les bâtiments des réacteurs. Ces visites, après celles de robots télécommandés, ont permis de moins mal connaître l’état des réacteurs.

Cette déclaration sur la fusion des coeurs est présentée comme contradictoire avec le discours tenu précédemment, sur le thème « c’est plus grave que ce que la Tepco disait ». Thierry Charles est pour le moins dubitatif « pour moi, il n’y a rien de changé, nous avons dit dès le début que les combustibles avaient fondu ». Cette fusion des coeurs avait d’ailleurs été qualifiée de « confirmée » dans cette note dès le 15 mars dernier. Et j’écrivais dans Libération le même jour : « La perte des systèmes de refroidissement durant de longues heures dans les trois réacteurs accidentés de Fukushima Daichi a provoqué une fusion partielle de leurs assemblages combustibles (d’abord les 1 et 3, puis le 2 hier). »

Il semble toutefois que les autorités japonais et l’opérateur TEPCo n’aient pas été francs avec la population japonaise et se soient contentés du terme « endommagés » pour qualifier l’état des combustibles nucléaires en évitant le terme plus précis et exact de « fusion ». Si l’on se réfère au site web présentant les informations techniques données par la Tepco et diffusée par l’association des industriels nucléaires japonais, on peut lire que les coeurs des réacteurs sont déclarés "endommagés" dès la première mise en ligne d’information pour le 18 mars. Puis que le 7 avril, les pourcentages d’endommagement sont estimés à 70% pour le réacteur N°1, 30% et 25% pour les 2 et 3.

Ces pourcentages ne peuvent se référer qu’à la fusion de ces combustibles puisqu’ils sont calculés en fonction des émissions de gaz et particules radioactives provoqués par la destruction - et donc la fusion - du dit combustible et des gaines de métal où il se trouve. C’est d’autant plus évident que si l’on regarde le tableau du 23 mai, le terme utilisé est toujours le même : "damaged" pour qualifier l’état des coeurs, seule la précision sur le pourcentage de coeur fondu diffère avec un "mostly" pour le N°1 et "35% et "30%" pour les N°02 et N°3. Autrement dit, damaged a toujours signifié et signifie toujours "fondu". Par quel mystère sémantique le sens du mot aurait changé ?

Le plus étrange dans cette polémique japonaise est que l’émission massive de gaz et de particules Débits à la centrale radioactifs survenue entre le 14 et le 17 mars n’aurait pas pu se produire si les combustibles n’avaient pas fondu... Or l’existence de cette émission n’a pas été niée par la TEPCO puisque le document ci-contre, établi à partir des balises du site de Fukushima Dai-ichi, utilise les mesures de radioactivité de l’opérateur. On y lit sans aucune difficulté ces émissions massives, avec les pics enregistrés par la balise de la porte principale du site du 14 au 17 mars.

Ces enregistrements ont été rendus publics très vite, et ils le sont toujours, par les autorités japonaises. Comment est-il possible que quiconque ait pu interprêter ces émissions massives - estimées à environ 10% de Tchernobyl par l’IRSN comme par d’autres instituts dans le monde - autrement que comme la conséquence directe de la destruction par fusion des combustibles nucléaires et des gaines qui, sinon, auraient confiné gaz et particules et empêché l’émission vers l’atmosphère ? Il y a là un insondable mystère.

En revanche, l’état des cuves et des enceintes de confinement est pire qu’estimé auparavant, essentiellement pour le réacteur N°1. Celles des trois réacteurs sont percées - soit par de trous créés par les corium avant qu’ils refroidissent, soit des fissures dans les soudûre et joints. C’est ce qui explique les fuites massives de l’eau injectée en permanence dans les cuves, qui en ressort non seulement par les les tuyauteries, mais également par ces trous ou fissures dont l’ampleur demeure inconnue. Du coup, il est impossible de savoir avec précision ce que sont devenus les coriums : est-ce qu’une partie a fuit des cuves et enceintes pour se déposer sur les radiers en béton situés dessous ? Mystère là aussi. En tous cas, la visite du bâtiment du réacteur N°1 aurait montré qu’il y a de l’eau sous l’enceinte du réacteur. Donc, si une partie du corium à percolé par des trous ou fissures ou défauts de joints, il est aujourd’hui dans l’eau.

Paradoxe : ces informations ne changent pas grand chose au « niveau de risque actuel » du site souligne Thierry Charles. Il s’agit en effet de phénomènes qui se sont produits il y a maintenant plus de deux mois. La chute du corium au fond des cuves a tout aussi paradoxalement contribué à son refroidissement : l’eau ne montait pas assez haut dans les cuves pour rejoindre la place normale du combustible, mais la chute du corium l’a plongé dans l’eau du fond... et il s’y est refroidi grace à son renouvellement permanent par les injections d’eau de mer, puis d’eau douce.

Ces circonstances expliquent pourquoi si l’accident a provoqué l’émission massive de gaz et de particules radioactives (tellures, iode et césium) à la mi-mars, il n’y a pas eu de sortie significative des matières nucléaires principales (uranium, plutonium, actinides mineurs) malgré le lessivage permanent des coriums par l’eau injectée.

Fukushima Dai-ichi est aujourd’hui un vaste chantier. La centrale nucléaire japonaise Ouvrier pulvérisant de la résine sur le sol l’est aux sens propre et figuré. Un « chantier », car le site a été dévasté par le séisme et le tsunami du 11 mars dernier, puis par un accident nucléaire maximal - fusion de trois coeurs de réacteurs, explosions d’hydrogène détruisant des structures en métal et béton - provoquant une émission massive de radioactivité entre le 14 et le 17 mars. Vaste chantier aussi, car depuis l’accident la lutte pour empêcher une nouvelle émission massive de matières radioactive a certes réussi, mais les ingénieurs, techniciens et ouvriers qui y interviennent sont engagés dans une action de longue durée pour en éliminer tout nouveau risque. (photo, pulvérisation de résine au sol pour fixer les particules radioactives).

En quoi consiste le chantier en cours ? D’abord à installer des dispositifs permettant de refroidir définitivement les coeurs par une circulation d’eau en boucle fermée, associée à des échangeurs de chaleur. Mais le plan initial, fondé sur la possibilité de remplir les cuves et les enceintes, est mis en échec par les fuites. Le nouveau plan consiste à « pomper l’eau qui sort des réacteurs, la faire passer par un dispositif de décontamination fourni par Areva, puis à la réinjecter dans les réacteurs », explique Thierry Charles.

Ce chantier suppose d’assembler des tuyaux et des pompes, de construire plusieurs échangeurs de chaleur, d’installer le dispositif de décontamination, de pomper les dizaines de milliers de tonnes d’eau contaminée des parties basses des bâtiments. Ce travail a commencé, et pourrait prendre deux mois environ. En parallèle, le site dévasté doit être traité afin d’autoriser des activités de plus en plus intenses : couverture des réacteurs, renforcement des structures supportant la piscines du réacteur 4, travaux d’ampleur encore inconnue pour extraire les combustibles usés des piscines...

Or, les limites de doses autorisées par le gouvernement - jusqu’à 250 millisieverts - sont réservées à une situation d’urgence. Il est probable que cette autorisation ne sera pas prolongée, alors que l’on compte déjà 30 travailleurs ayant subi une dose de plus de 100 millisieverts. Pour diminuer les doses subies par les équipes, il faut décontaminer le site, récupérer les débris les plus irradiés - la Tepco vient de mettre en service une sorte de bulldozer à la cabine plombée à cet effet - et les stocker dans un espace confiné.

L’horizon de ce chantier, c’est le démantèlement complet des réacteurs, le découpage des cuves et la récupération des corium. Cet horizon, Thierry Charles le situe dans... « 20 ans ». Un tel chantier dépasse sans doute les capacités de financement de la TEPCo, dont les ressources seront drastiquement amputées par la destruction du site et les avaries survenues sur d’autres centrales nucléaires.

En outre, il n’est pas impossible que la société japonaise décide de mettre fin à son usage du nucléaire pour ses besoins électriques comme vient de le proposer le parti d’opposition, le parti social-démocrate.

Par ailleurs, le gouvernement japonais vient de nommer une commission d’enquête indépendante, afin de tirer au clair toutes les circonstances de l’accident, dirigée par Yotaro Hatamura, Professeur émérite à l’Université de Tokyo. Elle doit rendre son rapport à la fin de l’année.

Un labo français a relevé des niveaux de pollution "alarmants" dans "l’environnement terrestre et marin" de Fukushima

L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest a annoncé vendredi que "dans la préfecture de Fukushima, les niveaux sont comparables à ceux que l’on trouve autour de Tchernobyl".

Le laboratoire indépendant a analysé à Caen les échantillons prélevés autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daïchi par des bénévoles au Japon.

Selon L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest, "si l’on calcule la contamination en césium 137 en becquerels par mètre carré (Bq/m²), toutes les valeurs relevées dans la préfecture de Fukushima sont supérieures à la limite de 185.000 Bq/m² qui ouvre le droit à la migration en Biélorussie".

"Cette pollution s’étend bien au-delà de cette préfecture : les niveaux détectés dans le sud de la préfecture voisine de Miyagi (au nord de Fukushima et dont Sendaï est la capitale) sont aussi très élevés", poursuit l’association présidée par un physicien du nucléaire.

Dans les légumes analysés de Sendaï (à 80 km de Fukushima Daïchi), les teneurs en césium 134 et 137 sont supérieures aux limites fixées par la réglementation japonaise (500 Bq/kg), rendant ces produits impropres à la consommation : 790 Bq/kg pour le césium 134 et 830 Bq/kg pour le césium 137.

"Les retombées de Fukushima sont détectables à des niveaux significatifs jusqu’à Kanagawa, située à environ 270 km de la centrale", précise le laboratoire dont le détail des résultats est consultable sur son site.

L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest a analysé de la terre, des légumes mais aussi de l’eau de mer. "L’eau de mer prélevée à une quarantaine de kilomètres de la centrale présente aussi une contamination anormale en césium 137, 134 et iode 131. La vie marine sur place, qui a tendance à concentrer ces pollutions, doit être fortement contaminée", selon le laboratoire, qui est, avec la Criirad, l’un des deux laboratoires français indépendants créés après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986.

La situation dans la centrale de Fukushima Daïchi, endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars, est impossible à stabiliser avant au moins six mois.

Selon les autorités japonaises, la quantité de radioactivité relâchée dans l’atmosphère à Fukushima, à environ 250 km au nord-est de Tokyo, a représenté environ un dixième de celle relâchée à Tchernobyl en 1986.

Nouveau sujet d’inquiétude à Fukushima : les conteneurs provisoires destinés à recueillir l’eau contaminée pompée dans les réacteurs de la centrale nucléaire japonaise sont presque pleins, a annoncé lundi l’opérateur Tepco, ce qui fait craindre un risque de nouvelle fuite radioactive dans le Pacifique.

Les réservoirs de stockage seront pleins dans quatre jours alors que le système de retraitement qui doit permettre de réutiliser l’eau radioactive — d’un volume actuel de plus de 80 000 tonnes — dans les réacteurs n’est pas encore achevé, a précisé la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco).

Le séisme et le tsunami du 11 mars au Japon ont fait 25 000 morts et ont détruit les systèmes de refroidissement de la centrale de Fukushima, située sur la côte est, provoquant des fuites radioactives.

La collecte de l’eau contaminée pourrait durer jusqu’au mois de décembre, selon Junichi Matsumoto, porte-parole de Tepco. Le volume d’eau radioactive pourrait alors atteindre les 200 000 tonnes, l’opérateur continuant à injecter de l’eau dans les réacteurs pour tenter de contrôler leurs températures.

M. Matsumoto avait initialement déclaré que les réservoirs de stockage pourraient servir jusqu’à ce que le système de retraitement puisse entrer en service à la mi-juin. Mais s’ils sont pleins avant cette échéance, Tepco laissera l’eau s’accumuler dans les sous-sols de la centrale.

M. Matsumoto a précisé que les sous-sols pouvaient retenir l’eau pendant deux semaines, balayant les craintes d’éventuelles fuites.

« Nous pensons que cela ne présente pas de risque de fuite », a-t-il déclaré.

En avril, de l’eau radioactive provenant du réacteur No 2 s’était échappée dans le Pacifique, suscitant de vives critiques au Japon et à l’étranger, ainsi que des inquiétudes quant à son impact sur la faune marine.

11 Messages de forum

  • Contamination de l’eau du robinet à Tokyo

    Le Tokyo National Collège of Technology, centre universitaire de technologie à Tokyo, a publié il y a quelques jours une note informant qu’on avait détecté, au mois de mai, de petites quantités de matières radioactives (moins de 10 Bq/kg) dans l’eau du robinet de l’établissement. Une surveillance régulière de cette eau sera réalisée.

    Source :

    http://www.tokyo-ct.ac.jp/220/00060...

    Ce qui est inquiétant, ce n’est pas la dose minime (quoique les faibles doses ont forcément des effets sur la santé, voir « Les dangers des faibles doses » : http://fukushima.over-blog.fr/artic... ), c’est le fait que cette radioactivité n’avait pas été détectée au mois d’avril. Cela signifie concrètement que la contamination des sols, puis des nappes phréatiques, est progressive et cumulative. Et pas seulement dans la région de Fukushima, mais aussi à des centaines de kilomètres, par le phénomène de la retombée des poussières radioactives au sol par les pluies

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  • TOKYO, 29 mai (Reuters) - Le système de refroidissement du réacteur et de la piscine du combustible a cessé de fonctionner dans la tranche n°5 de la centrale nucléaire de Fuskushima-Daiichi, au Japon, a annoncé dimanche l’exploitant du site, la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco).
    Cette dernière espère relancer ce système de refroidissement dans un délai de quelques heures, a dit un responsable de Tepco, selon lequel il ne faut pas craindre une hausse rapide de la température dans le réacteur ni dans la piscine contenant le combustible usagé.
    Les réacteurs 1 à 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi ont été fortement endommagés par le séisme et le tsunami survenus le 11 mars.
    Les dégâts sur les réacteurs 5 et 6 ont été moins importants

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  • TOKYO, 29 mai (Reuters) - Le système de refroidissement du réacteur et de la piscine du combustible a cessé de fonctionner dans la tranche n°5 de la centrale nucléaire de Fuskushima-Daiichi, au Japon, a annoncé dimanche l’exploitant du site, la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco).
    Cette dernière espère relancer ce système de refroidissement dans un délai de quelques heures, a dit un responsable de Tepco, selon lequel il ne faut pas craindre une hausse rapide de la température dans le réacteur ni dans la piscine contenant le combustible usagé.
    Les réacteurs 1 à 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi ont été fortement endommagés par le séisme et le tsunami survenus le 11 mars.
    Les dégâts sur les réacteurs 5 et 6 ont été moins importants

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  • Ce matin sur la radio française RFI, une émission était consacrée à Fukushima avec la participation entre autre d’un physicien français.
    Tous les participants ont vivement critiqué les autorités japonaises et internationales comme l’AIEA qui "est une agence de promotion du nucléaire dans le monde" et ont fait la comparaison avec un marchand de mitraillette à qui on demanderait de certifier que ses armes sont inoffensives.

    Mais ces spécialistes français ont juste oublié de précisér le rôle du nucléaire français au niveau mondial ...et donc ont plaidé pour une agence vraiment indépendante des intérêts du nucléaire.

    Mais au fait eux ces physiciens et journalistes français, qui leur fait leur fiche de paye à la fin du mois ?

    Pour écouter l’émission cliquez ici.

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  • Un quotidien nippon a rapporté lundi que le combustible nucléaire de trois réacteurs de la centrale de Fukushima pourrait avoir fondu quelques jours après la catastrophe naturelle qui s’est abattue sur le Japon. Il aurait ensuite percé les cuves sous pression.

    Alors que l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima (Tepco) a reconnu en mai que le combustible avait partiellement ou totalement fondu dans les réacteurs numéro 1, 2 et 3, le plus grand quotidien nippon a annoncé lundi que les cuves sous pression pourraient avoir été percées. Le journal Yomiuri Shimbun – qui se base sur un rapport gouvernemental – a même assuré que les autorités japonaises allaient informer l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de ce risque. Si des experts de l’agence ont d’ores et déjà effectué une mission d’enquête il y a quelques semaines, ils devront rendre un rapport détaillé lors d’une conférence ministérielle sur la sûreté nucléaire. Celle-ci devrait se tenir du 20 au 24 juin à Vienne.

    Le tsunami et le séisme qui ont frappé les côtes nord-est du Japon – le 11 mars – ont entraîné une coupure de l’alimentation électrique de la centrale nucléaire. Les pompes à eau ont alors été stoppées et les barres de combustible n’ont pas pu être refroidies. Alors que l’agence de sûreté nucléaire estime que 770.000 terabecquerels se sont échappés des réacteurs endommagés, cette catastrophe nucléaire est la plus grave depuis celle survenue à Tchernobyl (Ukraine) en 1986.

    Si des experts ont indiqué que la majeur partie des particules radioactives a été emportée par le vent vers l’océan Pacifique, le gouvernement japonais a annoncé qu’il allait effectuer des contrôles de radioactivité dans les zones de baignades comme la mer, les rivières et les lacs. Le porte-parole du gouvernement a ainsi déclaré que les préfectures concernées allaient recevoir des instructions quant aux procédures à suivre

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  • Aucune nouvelle du corium de Fukushima. Personne ne peut dire, quatre ans après, où il est ! Les réacteurs 1, 2 et 3, dont les coeurs ont fondu au moment de l’accident, sont toujours continuellement refroidis et le déblayage alentour se poursuit pour diminuer les radiations. Les équipes de la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) et des centaines d’entreprises sous-traitantes procèdent aussi à des examens réguliers et améliorent autant que faire se peut les équipements installés pour entretenir le courant d’eau. Les piscines de désactivation de ces réacteurs sont refroidies constamment. Leur température est maintenue entre 10 et 25°C. 350 m³ d’eau douce sont ainsi injectés quotidiennement.

    Toutefois, aucune avancée notable n’a été réalisée sur la tâche majeure : la localisation et les moyens à mettre en oeuvre pour récupérer les "débris", à savoir le combustible fondu qui a pu transpercer la cuve sous pression et l’enceinte de confinement de ces trois réacteurs.

    S’ajoutent à cela de multiples imprévus, comme un large trou qui s’est formé dans la couverture protégeant le réacteur 1, à la suite d’une rafale de vent, mais surtout le problème récurrent des fuites radioactives. Ainsi, fin février, des capteurs fixés sur une conduite d’évacuation d’eaux de pluie et souterraines ont par exemple mesuré des taux de radioactivité jusqu’à 70 fois supérieurs aux valeurs déjà très élevées enregistrées sur le site.

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  • L’explosion de l’unité 3 de Fukushima Daiichi

    Le 14 mars 2011, à 11 h 01 exactement, une explosion d’une rare intensité s’est produite dans le bâtiment du réacteur n° 3 (BR3) de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Selon la seule vidéo connue, l’explosion s’est manifestée en deux temps : une première explosion est visible sur le côté sud engendrant une flamme gigantesque et, moins d’une demi-seconde plus tard, une deuxième explosion se produit de manière verticale, générant un nuage aux couleurs sombres sur plusieurs centaines de mètres de hauteur.

    Les images du bâtiment réacteur diffusées après cet événement montrent que le bâtiment a énormément souffert : s’il reste 3 niveaux de poutres de béton armé côté est, les 3 autres côtés ont disparu pour cette même hauteur correspondant aux niveaux 4F, 5F et CRF du bâtiment, soit une hauteur de 23 mètres de murs détruits sur un total de 46 m.

    Jusqu’à présent, l’opérateur Tepco et tous les organismes officiels ont affirmé qu’il s’agissait d’une simple explosion d’hydrogène. Pourtant, d’autres hypothèses existent et c’est l’objet de cet article de les exposer et de les analyser. Après avoir présenté succinctement le réacteur, nous observerons objectivement ce qui s’est passé, puis nous présenterons les différentes hypothèses qui tentent d’expliquer ces évènements. Enfin, nous confronterons ces propositions avec les faits relevés et nous exposerons notre point de vue argumenté.

    1. Présentation du réacteur n° 3

    Le réacteur n°3 est un réacteur à eau bouillante de type Mark I (General Electric). Construit par Toshiba à partir de 1970, il a été raccordé au réseau en 1974 et mis en service en mars 1976. Dans le contexte de la catastrophe de Fukushima, sa particularité est qu’il est le seul des 6 réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi à avoir été chargé avec du MOX, combustible français composé d’oxydes d’uranium et de plutonium.
    ......./........
    4.2. Hypothèse d’une explosion de vapeur

    4.2.1. Eléments favorables
    - Les conditions nécessaires à une explosion de vapeur sont là : le cœur a commencé à fondre 24 heures plus tôt. Sans aucun refroidissement, un corium s’était formé et remplissait le fond de la cuve. Malgré l’injection d’eau douce, puis d’eau de mer, la fonte du cœur (« meltdown ») a bien eu lieu. L’injection d’eau de mer a commencé le lundi 13 mars 2011 à 13h12. Deux heures plus tard, malgré l’addition d’eau, le niveau d’eau dans la cuve du réacteur n’avait pas augmenté, ce qui laisse penser qu’il y avait déjà une fuite et que l’eau descendait directement dans le fond de l’enceinte de confinement où l’eau a pu s’accumuler. Si le fond de cuve a lâché, le corium a pu tomber dans cette eau et provoquer une explosion de vapeur.

    - Les éléments observés démontrent qu’une explosion a eu lieu à l’intérieur de l’enceinte de confinement : déformation du puits de cuve au niveau du joint avec la piscine d’équipement, déformation de la vanne entre le puits de cuve et la piscine de combustible, déplacement de la porte d’accès de l’enceinte de confinement, et peut-être aussi explosion des condenseurs sous l’effet de la pression.

    4.2.2. Eléments défavorables

    - Selon la coupe du réacteur, il existe un puits de drainage au fond de l’enceinte de confinement (« equipment drain sump »). Si cette installation était en état, l’eau a pu être évacuée par ce conduit et de ce fait, en l’absence de masse d’eau, une explosion de vapeur n’a pas pu se produire. Toutefois, cette évacuation a pu aussi être bouchée par du corium puisque c’est cette matière qui est arrivée en premier en fond d’enceinte de confinement après avoir percé la cuve. C’est cette hypothèse qui est privilégiée par Tepco en 2011, comme le montre le schéma suivant : puisard rempli de corium.

    4.4. Hypothèse d’une explosion due à un accident de criticité instantanée dans la piscine de combustible

    4.4.1. Eléments favorables

    - La vidéo montre que la première explosion se situe dans l’angle sud-est du BR3, là où se trouve la piscine de combustible.

    - La photo aérienne du BR3 montre qu’il y a eu une explosion à l’endroit de la piscine.

    - La double poutre n° 5, la seule à avoir été désolidarisée entièrement de la toiture, se trouvait juste au-dessus de la piscine de combustible

    - Cette explosion a produit une forte chaleur qui a tordu les poutrelles métalliques du toit.

    - Le nuage 3a, qui initie la grande explosion verticale, se situe exactement au-dessus de la piscine de combustible.

    - Le nuage qui est propulsé à 300 mètres d’altitude n’a pas pu être guidé par les murs du BR3 car ceux-ci étaient déjà détruits par la première explosion. Les murs de la piscine de combustible d’une profondeur de 11,80 mètres ont pu jouer ce rôle.

    - La machine de réapprovisionnement en combustible qui était positionnée sur la piscine a été projetée en l’air sous l’effet d’une explosion provenant d’en dessous d’elle et est retombée dans la piscine.

    - L’endroit le plus chaud de la piscine le 20 mars 2011 correspond à l’emplacement supposé de l’explosion, c’est-à-dire là où il y a eu le moins de retombée de matériel (effet cratère).

    - Tepco n’a jamais diffusé de photos des assemblages de la piscine à l’endroit le plus chaud.

    - Des morceaux de combustible nucléaire ont été trouvés près du BR2 et jusqu’à plusieurs kilomètres de la centrale de Fukushima Daiichi.

    - Des poussières de combustible de Fukushima ont été retrouvées partout dans le monde : de l’uranium à Hawaii et sur la côte ouest des Etats-Unis, du plutonium sur place mais aussi en Lituanie, de l’américium en Nouvelle Angleterre et sur la Côte Est.

    - De la poussière noire qui se forme au sol près de la centrale de Fukushima est composée de produits de fission dont les césiums 134 et 137 et le radium 226.

    5. Conclusions prenant en compte les faits et les critiques

    Tout d’abord, il faut s’en tenir aux faits avérés.

    5.1. Il s’est produit plusieurs explosions

    Il faut se rendre à l’évidence qu’on ne peut pas expliquer « l’explosion » du BR3 de manière simpliste comme voudrait l’imposer la version officielle depuis 4 ans. L’analyse de l’évènement démontre qu’il y a eu plusieurs phases visibles qui impliquent l’existence de plusieurs explosions en l’espace d’une demi-seconde :

    - Phase 1 (instant T) : explosion principalement sur le côté sud-est avec destruction du toit

    - Phase 2 (T + 0,0334 s) : production d’une flamme jaune-orange sur le côté sud-est

    - Phase 3 (T + 0,0668) : destruction du toit et des murs de l’angle nord-ouest

    - Phase 4 (T + 0,33 s) : formation d’un nuage au-dessus de la piscine de combustible

    - Phase 5 (T + 0,43 s) : formation d’un nuage au-dessus du côté nord-ouest

    5.1.1. Une explosion s’est produite dans la piscine de combustible

    Nous avons vu dans le chapitre 4.4 qu’il y avait 12 éléments favorables à l’explosion de la piscine de combustible contre 1 défavorable. S’il fallait ne retenir qu’un seul élément favorable, c’est que du combustible nucléaire a été retrouvé à l’extérieur de la centrale. Comme le puits de cuve est resté fermé, ce combustible ne peut pas provenir du réacteur. Il provient donc de la piscine de combustible. Comme personne ne l’en a extrait, il s’est donc bien produit une explosion dans la piscine de combustible qui a projeté certains éléments à l’extérieur.

    Le deuxième facteur est la nature du MOX, combustible qui contient un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium non prévu initialement pour être utilisé dans ce réacteur. Ce combustible est plus instable que celui à l’uranium simple. Un troisième facteur a pu jouer également : une explosion d’hydrogène aurait provoqué une pression sur l’eau et les barres de combustible, ce qui aurait soit modifié leur géométrie initiale, soit favorisé une réaction en chaîne par la compression des bulles de vapeur.

    Immédiatement après cette explosion, à notre connaissance, aucune photo ne montre de panache de vapeur sortir de la piscine de combustible, comme si elle avait perdu une grande partie de son eau. Pour comparaison, la piscine du BR4 a longtemps émis un panache de vapeur, indiquant que le combustible continuait à se refroidir en faisant évaporer son eau de refroidissement. Après l’explosion du BR3, l’inquiétude était forte pour sa piscine de combustible qui devait être impérativement arrosée. Les opérations de largage d’eau par hélicoptère ont commencé dès le 18 mars 2011.

    En ce qui concerne le seul élément défavorable, à savoir que s’il y avait eu un accident de criticité, tout le combustible aurait été endommagé, nous pensons que ce n’est pas forcément le cas. A notre connaissance, la disposition des 566 assemblages dans la piscine de combustible n’a jamais été diffusée par Tepco. Il est possible que l’accident de criticité se soit produit à un endroit où la géométrie était favorable à cet évènement et que les assemblages situés sur les côtés de la piscine, séparés par des racks vides, n’aient pas été affectés. Nous rappelons que Tepco n’a diffusé que les photos des assemblages périphériques, ce qui nous empêche de vérifier cette hypothèse.

    L’hydrogène n’ayant pas pu exploser dans l’eau de la piscine car il lui faut de l’oxygène gazeux, l’explosion ne peut s’expliquer que par un accident de criticité.

    Ce n’est pas la première fois qu’un accident de criticité se produit avec du combustible nucléaire. Depuis 1945, l’IRSN en a recensés 39 qui sont survenus sur des réacteurs de recherche et sur des assemblages critiques dans des laboratoires.

    Les accidents de criticité les plus courants durent un certain temps, jusqu’à ce que les conditions de la réaction en chaîne ne soient plus réunies. Par exemple, l’accident de Tokaï Mura (Japon, 1999) a duré 20 heures. Dans le cas de l’explosion de la piscine du BR3, Arnie Gundersen parle de criticité instantanée. C’est-à-dire que les conditions nécessaires à la réaction en chaîne ne durent qu’un instant. Mais cet instant suffit à provoquer une énergie phénoménale vu l’importance de la masse de combustible mise en jeu (97 tonnes). Le journal officiel donne la définition de la criticité instantanée : « Criticité qui serait atteinte sous l’action des seuls neutrons instantanés et conduirait à une situation accidentelle grave ».

    On peut se demander pour quelle raison cet accident a pu se produire dans une piscine de combustible dont la géométrie a été étudiée pour que cela n’arrive pas. Comme tous les accidents, plusieurs facteurs ont probablement joué. Tout d’abord, il est possible que le « re-racking » ait été utilisé, c’est-à-dire un réarrangement des paniers, plus serré que celui prévu par les concepteurs, ce qui permet de stocker plus de combustible. Tepco a-t-il usé de cette pratique ? Les plans fournis par l’opérateur ne sont pas très clairs.

    5.1.2. Une explosion s’est produite à l’intérieur de l’enceinte de confinement

    Plusieurs observations énoncées dans le chapitre 2 conduisent à conclure qu’une explosion s’est produite à l’intérieur de l’enceinte de confinement :

    - La double porte entre la piscine de combustible et le puits de cuve a été détériorée côté puits.

    - Le mur de séparation entre le puits de cuve et la piscine d’équipement s’est déboîté de son logement et a été poussé, ce qui implique que le diamètre du puits de cuve s’est élargi.

    - La porte de l’enceinte de confinement du niveau 1F a été déplacée de plus d’un mètre.

    On pourrait rétorquer que c’est l’explosion de la piscine de combustible qui a provoqué ces effets. Or cela paraît peu vraisemblable car d’une part, la deuxième vanne de la porte entre la piscine de combustible et le puits de cuve a été poussée depuis le côté du puits de cuve et non pas depuis la piscine. D’autre part, l’explosion de la piscine de combustible n’a pas pu écarter le mur séparant la piscine d’équipement et le puits de cuve. Seule une explosion à l’intérieur de l’enceinte de confinement a pu élargir le diamètre du puits de cuve. Enfin, la porte inférieure de l’enceinte de confinement n’a pu être poussée que depuis l’intérieur.

    - La radioactivité relevée au niveau de la dalle antimissile est très élevée : plus de 2 Sv/h en juillet 2013. Celle mesurée devant la porte de l’enceinte de confinement au niveau 1F l’est également : 0,87 Sv/h en novembre 2011.

    Cette explosion a produit une sévère rupture de l’étanchéité de l’enceinte de confinement. On en a très bien vu les effets dans les semaines qui ont suivi les explosions avec ces importants panaches de vapeur qui s’échappaient du puits de cuve là où l’explosion avait fait des dégâts et ce débit de dose très élevé relevé par Tepco le 14 mars : 167 sieverts par heure au niveau de l’enceinte de confinement.

    Il semble difficile qu’une explosion d’hydrogène, théorie soutenue par Tepco et le gouvernement, ait pu se produire dans l’enceinte de confinement tout simplement parce qu’il n’y avait pas d’oxygène à l’intérieur. En effet, l’eau bouillante du cœur a produit de la vapeur d’eau qui a envahi l’ensemble de l’enceinte de confinement. Cette vapeur d’eau qui sort sous pression est visible sur une photo 3 minutes après l’explosion (cf. figure 38). Par ailleurs, selon une analyse de l’IRSN en 2012, « l’enceinte de confinement est remplie d’azote, un gaz inerte. A ce stade, il n’y a pas de risque ».

    Il nous semble qu’une explosion de vapeur au sein de l’enceinte de confinement peut expliquer les dégâts observés. Suite à l’explosion qui s’est produite dans la piscine de combustible, l’onde de choc a pu secouer et fracturer la cuve fragilisée par la chaleur intense et un gros paquet de corium a pu tomber dans le fond de l’enceinte de confinement où se trouvait de l’eau. La vaporisation quasi instantanée d’une grande partie de cette masse d’eau a pu faire augmenter la pression subitement avec les dégâts que l’on connaît.

    L’explosion de vapeur est un accident extrêmement redouté par l’industrie nucléaire et fait l’objet de nombreuses études. L’EPR, qui aurait dû être le réacteur du futur mais qu’Areva n’a pas encore réussi à construire, est sensé justement corriger cette faiblesse des réacteurs nucléaires actuels : le récupérateur de corium permettrait, en théorie, d’éviter l’explosion de vapeur.

    5.2. Proposition de déroulement des explosions

    Au vu des faits exposés et de leur analyse, nous proposons maintenant notre compréhension du déroulement de ces explosions qui ont eu lieu dans le BR3 de Fukushima Daiichi le 14 mars 2011.

    - Phase 1 : De l’hydrogène s’accumule dans le niveau 4F à cause peut-être de tuyauteries défectueuses en rapport avec les condenseurs reliés directement à la cuve du réacteur, et dans les niveaux 5F-CRF à cause de la réaction zirconium-eau du fait de l’absence de refroidissement de la piscine de combustible.

    - Phase 2 : Une explosion d’hydrogène se produit au-dessus de la piscine de combustible. L’onde de choc commence à détruire la partie la moins solide du BR3 : la toiture.

    - Phase 3 : L’onde de choc arrive en premier dans l’angle sud-est du bâtiment, crée une grande ouverture dans le toit et laisse passer le mélange explosif à une vitesse supersonique en produisant une flamme jaune-orange.

    - Phase 4 : Dans la direction opposée, l’onde de choc primitive augmentée de l’énergie de son rebond contre les murs de l’angle sud-est, rencontre l’angle nord-ouest quelques centièmes de secondes plus tard et le détruit.

    - Phase 5 : Par l’intermédiaire des escaliers de service et du sas d’accès matériel, l’onde de choc provoque quasi simultanément une explosion d’hydrogène au niveau 4F, détruisant un tiers des murs extérieurs et des plafonds ; les piscines qui ont des structures renforcées ne semblent pas touchées.

    - Phase 6 : Dans le même temps, l’explosion d’hydrogène du niveau 5F-CRF compresse les bulles de vapeur de l’eau de la piscine de combustible, le coefficient de vide devient subitement positif (9) et la réactivité de la fission nucléaire est soudainement accrue, produisant un accident de criticité instantanée.

    - Phase 7 : La piscine de combustible subit alors un « flash boiling », une sorte d’explosion de vapeur due à l’énergie instantanée dégagée par l’accident de criticité, ce qui a pour effet d’éjecter une partie des barres de combustible à l’extérieur du BR3.

    - Phase 8 : L’onde de choc de cette dernière explosion détache du corium, voire le fond de cuve en tout ou partie, qui tombe dans l’eau qui s’est amassée en fond d’enceinte de confinement.

    - Phase 9 : La masse de corium d’une température de 2500 à 3000 °C vaporise instantanément une grande partie de l’eau dans laquelle elle tombe ; c’est une explosion de vapeur qui, sous la pression extrême qu’elle dégage, déforme l’enceinte dite de confinement et entraîne la perte de son étanchéité.

    Remarque : étant donné que nous ne disposons d’aucun élément visuel de l’explosion qui s’est produite dans l’enceinte de confinement, nous ne savons pas à quel moment elle a eu lieu. Nous l’avons placée arbitrairement à la fin de la série mais elle pourrait tout aussi bien être l’élément déclencheur de la phase 2.

    (9) En effet la compression de la vapeur la rapproche de la densité de l’eau, qui fait alors office de modérateur de neutrons lents – ceux qui sont favorables à la réaction de fission de l’uranium – ce qui accélère donc la réaction en chaîne. Dans les bulles de vapeur, les neutrons ne sont pas suffisamment ralentis, cela freine la réaction. Ces considérations sont valables dans le cas où l’eau est à la fois le modérateur et le fluide caloporteur, ce qui est le cas de tous les réacteurs de Fukushima.

    Au terme de cette étude, nous mettons le contenu de cet article en discussion. Nous serons heureux si vous laissez des commentaires ou des critiques qui permettront d’améliorer la compréhension de ces explosions.

    http://www.fukushima-blog.com/
    extrait article

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  • Les dangers du corium sont nombreux et vont s’inscrire malheureusement dans la durée. D’où l’absence de communication de Tepco sur le sujet…

    Le premier danger est la formation d’hydrogène. On connaît bien le danger de ce gaz qui a provoqué les explosions dans bâtiments des 4 premiers réacteurs au cours des premiers jours de la catastrophe. C’est ainsi que l’hydrogène, l’élément le plus simple et le plus abondant de l’univers, est aussi le gaz le plus redouté dans l’industrie nucléaire.

    Or le corium, une fois constitué, continue à en fabriquer. On a vu plus haut comment : en craquant l’eau par thermolyse et par radiolyse, mais aussi lors de la vaporisation du béton. C’est pourquoi Tepco injecte régulièrement de l’azote dans les réacteurs, afin d’atténuer les effets explosifs de l’hydrogène en présence d’oxygène. Une nouvelle explosion pourrait être catastrophique, car les bâtiments ont déjà beaucoup souffert ‒ en particulier le n° 4 dont la structure est devenue instable ‒ et les piscines de combustible usé sont perchées à plus de 20 mètres de hauteur. Ce serait donc véritablement un désastre si l’une d’elle venait à lâcher.

    Le deuxième danger est précisément la faculté qu’a le corium de fragiliser le béton. Dans le cas où il y a Melt-through, le corium le traverse sans problème, mais son action va avoir une conséquence sur la solidité des fondations : lors du refroidissement de la fulgurite, il se produit un changement de phase qui a la particularité de produire une forte augmentation de volume ; ainsi les parois de béton en contact, mais désolidarisées mécaniquement des fulgurites, sont détruites par effet de compression. On peut donc s’attendre, avec le refroidissement du bouclier inférieur dans les mois à venir, à une destruction d’éléments massifs de la structure en béton de soutènement, ce qui pourrait avoir plusieurs effets négatifs : fragilisation des bâtiments réacteurs et apparition de failles supplémentaires où l’eau hautement radioactive utilisée continuellement pour le refroidissement pourrait s’échapper dans l’environnement, accentuant la pollution.

    Un troisième danger a longtemps été évoqué dans les premières semaines de la catastrophe : la possibilité d’une explosion de vapeur. Le corium, dans sa descente souterraine, pourrait rencontrer une masse d’eau qui, sous la chaleur du magma, la transformerait immédiatement en vapeur qui, avec la pression engendrée, provoquerait une énorme explosion si l’eau n’est pas dans un milieu ouvert. C’est ce que redoutaient déjà les soviétiques à Tchernobyl ; pour éviter ce grave danger, ils avaient vidé la piscine de suppression de pression avant que le corium ne l’atteigne. A Fukushima, on peut se demander si le même scénario ne s’est pas produit car le 4 avril, Tepco a commencé à vider 11 500 tonnes d’eau. Le porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, annonçait à l’occasion : « Nous n’avons pas d’autre choix que de rejeter cette eau contaminée dans l’océan comme mesure de sécurité » (8). Quant au porte-parole de Tepco, il pleurait en annonçant la nouvelle. Pleurait-il parce qu’il déversait de l’eau faiblement radioactive dans la mer ou parce qu’il savait que le corium allait définitivement être perdu ? Dans cette hypothèse, le corium (de quel réacteur ?) aurait mis plus de trois semaines pour atteindre les sous-sols de la centrale.

    Quant à la possibilité de rencontrer brutalement une masse d’eau naturelle, cela est peu probable. En effet, une nappe phréatique n’est pas un lac souterrain, mais une masse d’eau répartie dans le sol entre les éléments le constituant. Si le corium traverse cette nappe, il ne rencontrera pas suffisamment d’eau à la fois pour provoquer une explosion. Cela provoquera en revanche des jets de vapeur, voire des geysers, qui pourront apparaître n’importe où à la surface, passant dans les failles et les interstices du sol. Et cela constitue le quatrième danger, celui de la contamination de l’environnement. L’eau, au contact avec le corium, se charge d’uranium, de plutonium, de cobalt, de césium, etc. à des niveaux extrêmement élevés et se trouve donc fortement contaminée. Si elle parvient à sortir de terre, la pollution se propagera dans l’atmosphère sous forme de vapeurs, de gaz ou d’aérosols radioactifs. Si la vapeur se condense dans le sol, elle polluera irrémédiablement le sol, et les radionucléides rejoindront inévitablement la nappe phréatique.

    Un autre grand danger, le cinquième, est celui que le corium rencontre la nappe aquifère en relation avec la mer. Après tout, les réacteurs ne sont situés qu’à 200 mètres du rivage, et les sous-sols des bâtiments réacteurs sont clairement en dessous du niveau de la mer, comme cela apparaît dans un plan du METI (Ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie). Donc si un corium a réellement traversé le radier, il s’est probablement trouvé en contact avec un niveau géologique en relation avec l’océan, car la centrale est construite sur des roches sédimentaires de type « grès », assez perméable à l’eau car souvent fracturé. Or, une contamination continue de la mer durant des dizaines d’années pourrait créer des dommages considérables pour l’ensemble du littoral oriental de l’archipel.

    Le pire des cas serait un corium qui s’engouffrerait ou s’enfermerait dans le béton ou le sol, ce qui non seulement offrirait la meilleure forme possible pour conserver son intégrité, augmenterait le nombre de neutrons récupérés, mais en plus, la masse deviendrait, de facto, inaccessible, ce qui le rendrait impossible à refroidir.
    C’est ce cas de figure qui semble se produire actuellement à Fukushima pour au moins l’un des réacteurs (n° 1).

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  • La compagnie électrique Tepco dit avoir relevé des taux mortels de plus de 500 sieverts au niveau du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Fukushima.

    Le chiffre constaté reste très au-delà du précédent record de 73 sieverts établi en 2012 sur ce même réacteur. Avec de tels niveaux de rayonnement, « inimaginables » selon des experts japonais cités par l’agence Kyodo, la mort est quasi instantanée pour l’être humain.

    Depuis la fin décembre, Tokyo Electric company a percé une petite ouverture dans l’enceinte de confinement du réacteur 2. La compagnie cherche à déterminer quel est l’état du cœur des réacteurs, ce magma extrêmement radioactif constitué de débris et de barres de combustibles qui ont fondu dans les heures qui ont suivi le 11 mars 2011. Selon des calculs de l’Institut international de recherche sur le démantèlement nucléaire, ce corium représenterait une masse globale de 880 tonnes réparties entre les unités 1,2 et 3 de Fukushima. Tepco cherche également à localiser où se situe précisément ce magma.

    Dans le flot d’images filmées, Tepco a publié des clichés où l’on voit nettement qu’un piédestal en forme de plateforme grillagée est nettement enfoncé sur une surface carrée d’un mètre sur un mètre environ. Ce trou pourrait être causé par la chute de structures, de barres de combustibles fondus. Si cette hypothèse devait se confirmer, ce serait la première fois que Tepco localise le corium au sein de l’un de ses réacteurs.

    Selon une étude du ministère de l’Economie, du commerce et de l’industrie (Meti) publiée en décembre, le seul démantèlement des réacteurs devrait coûter au minimum 8 trillions de yens (autour de 65,9 milliards d’euros), soit quatre fois ce qui était initialement envisagé. Au final, la facture atteindrait les 177 milliards d’euros pour démanteler, indemniser les riverains et décontaminer l’environnement.

    En réalité, personne n’est actuellement capable de traiter le corium de Fukushima et donc de dire combien cela peut coûter !!!

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  • Des traces de radiation provenant de la catastrophe nucléaire de Fukushima ont été détectées pour la première fois dans des saumons en Colombie-Britannique, annonce l’Université de Victoria (UVic).

    Le cesium-134 est précisément l’empreinte isotope de Fukushima, une sorte de carte d’identité permettant d’affirmer que la minuscule quantité de radiation trouvée dans des saumons sockeye britanno-colombiens provient bel et bien de la catastrophe nucléaire nipponne survenue en 2011.

    C’est dans le lac Okanagan, durant l’été 2015, que les poissons irradiés ont été prélevés : un total de 8 sur 156 ont présenté des traces de radiation au cesium-137, un autre isotope radioactif ...

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  • L’expression était taboue, mais peu à peu la vérité fait surface. Dans les premiers jours de la catastrophe à la centrale nucléaire de Fukushima-daiichi en mars 2011 au Japon, le PDG de la compagnie électrique Tepco a fait passer la consigne à ses employés de ne pas utiliser l’expression « fusion du cœur du réacteur » pour décrire la situation sur le site ravagé par le séisme, le tsunami et les explosions en série. Cette dernière information, qui lève un peu plus le voile sur les jours cruciaux qui ont suivi le 11 mars 2011, éclaire à nouveau le passif documenté d’omissions, de falsifications et de graves violations des règles de sécurité commises par la compagnie depuis les années 70.

    Le président de Tokyo Electric Power Co. Masataka Shimizu a agi sous la pression du bureau de Naoto Kan, alors Premier ministre du Japon, selon une enquête de trois juristes mandatés par Tepco, diffusée jeudi. « Nous ne savons pas en quels termes et dans quel contexte précis le PDG a reçu ces ordres », a ajouté jeudi Yasuhisa Tanaka en présentant le fruit de trois mois d’investigation. « Nous n’avons pas pu découvrir d’éléments plus précis » pour déterminer qui a donné ces instructions dans l’entourage de Naoto Kan. Jeudi, l’ex-chef du gouvernement, qui est devenu l’un des militants antinucléaires les plus en vue du pays, a fait savoir dans un communiqué qu’il n’avait transmis aucun ordre pour bannir l’utilisation du mot « fusion ». Yukio Edano, secrétaire général et porte-parole du gouvernement au pire de la crise nucléaire, a également nié les allégations du rapport. Qui dit vrai ? Rien ne permet donc d’affirmer d’où vient cet ordre et qui l’a donné.

    Selon l’enquête, Masataka Shimizu, le PDG d’alors de Tepco, a demandé au vice-président de la compagnie, Sakae Muto de ne pas employer l’expression « fusion du cœur » du réacteur. Lors d’une conférence de presse le 14 mars 2011, organisée après une explosion à l’hydrogène au niveau du réacteur 3, Muto reçoit l’ordre en direct comme le rappelle une vidéo diffusée par la chaîne NHK (à la 55e seconde). Après avoir interviewé 70 responsables de Tepco, l’enquêteur Yasuhisa Tanaka qui a dirigé l’enquête, a déclaré jeudi que Sakae Muto avait prévu d’utiliser le mot « fusion » jusqu’à ce qu’il voie le mémo qui n’a pas été retrouvé. « Pour l’heure, nous ne pouvons pas clairement expliquer ce qu’il a pu arriver au combustible », finit par dire à la presse le numéro 2 de Tepco.

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