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Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Libye, Syrie, Yémen, monde arabe, Maghreb : comment comprendre la situation actuelle et quel avenir pour la révolte des peuples

samedi 23 avril 2011, par Robert Paris

Les mouvements actuels illustrent à quel point l’ordre mondial est instable et la surprise créée par la révolte du Maghreb et du monde arabe montre combien l’avenir est incertain sur le terrain politique et social pour les classes dirigeantes et pour le système qui domine le monde. L’Afrique elle-même est touchée... Elle touche notamment le Burkina Faso, le Swaziland, l’Ouganda ou encore la Mauritanie.

D’ailleurs nous ne prétendons pas en étudiant cette réalité nouvelle pouvoir prédire la suite des événements. Il y a un tournant et le monde de demain ne sera pas le monde d’hier mais nous ne pouvons à l’avance savoir vers où il va... Et les dirigeants du monde capitaliste ne le savent pas non plus. Eux aussi doivent étudier un monde nouveau ou, au moins, un monde en changement et ils ne maitrisent pas l’avenir contrairement à ce qu’ils voudraient faire croire par leurs interventions politiques et militaires. Pas plus qu’ils ne maitrisent l’avenir économique et social par leurs interventions étatiques.

Dans tout cela la crise de 2008 est le moteur car elle entraîne l’incapacité des classes dirigeantes de noyer la révolte des peuples dans les développements économiques. Elle noie les faux espoirs des classes moyennes et ruine ainsi la stabilité des régimes qui n’ont plus aucune base sociale.

Si on ne peut rien prédire, on peut quand même se préparer aux événements à venir en étudiant le caractère objectif de cette transformation, sa nature de classe, sa nature sociale et politique. Et, ainsi, préparer aussi notre propre avenir politique en tant que prolétaires conscients qui voulons intervenir dans notre propre histoire.

Nous voyons que le mouvement qui a lieu n’est plus un mouvement national mais international même si sa réalité dans chaque pays, parfois dans chaque région, peut être différente.

Cela change les données pour nous mais aussi pour les classes dirigeantes. Il ne leur suffit plus de manipuler un pays et de détourner une lutte. Ils ont affaire à une vague internationale de luttes...

Quand le mouvement se calme dans un pays ou dans une région, il repart dans un autre et la contagion de l’incendie recommence ensuite dans l’autre sens.

D’autre part, les classes dirigeantes ont beau réformer, changer la façade, changer les gouvernants, changer les partis politiques aux affaires, le mouvement n’est pas éteint, comme le montrent l’Egypte et la Tunisie. Comme le montrent aussi le Maroc ou le Yémen.

Le combat est au plus haut en Syrie ou au Yémen quand parfois, il s’est un peu essoufflé ou a pris d’autres formes dans d’autres pays, soit du fait de la répression, soit du fait de la fatigue et de la crainte de la répression.

L’impérialisme a joué son rôle en intervenant militairement en Libye pour tenter de changer la donne, et notamment d’empêcher que les peuples soient les seuls à intervenir face aux dictatures. Il lui fallait détourner aussi le sens de ces évolutions et il s’y est employé. C’est l’un des motifs de son intervention militaire en Libye. L’autre objectif est d’assurer, dans un pays pétrolier, que le futur pouvoir soit à sa botte. Il a laissé les opposants se faire massacrer par Kadhafi avant d’intervenir et toujours laissé Kadhafi agir pour mettre à genoux l’opposition face à l’impérialisme. C’est sa manière de préserver ses intérêts futurs. Une manière qui n’a rien à voir avec la défense des populations civiles, contrairement à ce qu’il prétend...

Bien entendu, les masses populaires vont d’abord être déçues par la disproportion entre les mouvements et les changements qui en découlent. les nouveaux régimes ne seront en rien des améliorations. En Tunisie comme en Egypte, les masses sont à nouveau en colère car rien n’a changé.

Mais le véritable changement n’est pas au sommet : c’est à la base de la société que cela change, parmi les opprimés qui commencent à s’organiser et c’est le propre de toute révolution d’amener d’abord des changements de pure forme au sommet et des grands changements au sein des masses.

La profondeur de la révolution va se mesurer à la fois à la durée de la mobilisation des masses et à son approfondissement. C’est de ces facteurs que dépendront les perspectives sociales vraiment révolutionnaires...

Quelle est la stratégie des classes dirigeantes face à la révolution ?

Elle consiste à détourner la révolution vers une guerre. C’est ce qui s’est produit en Côte d’Ivoire ou en Libye. C’est de cela que les pouvoirs yéménite et algérien menacent les peuples. C’est aussi vers une intervention militaire extérieure que l’on s’est dirigés au Bahreïn.

suite à venir...

ALGÉRIE

Les grèves continuent à se multiplier : hospitaliers, médecins, paramédicaux, fonction publique, postiers travailleurs de Tonic, d’Arcelor-Mittal de Tébessa, enseignants secondaire et technique, média, boulangers, université, travailleurs communaux et on en passe...

SYRIE

Les protestataires syriens avaient intitulé cette journée de manifestation « al-jomaa al-azim », littéralement « le grand vendredi », en fait une référence au vendredi saint, célébré par les chrétiens. Il s’agissait d’un appel du pied à la communauté chrétienne, qui pour l’instant reste très en retrait de la contestation. Sensibles à la propagande du régime, qui accuse les agitateurs d’être infiltrés par des extrémistes islamistes, et craignant de faire les frais d’un chaos généralisé à l’irakienne, les chrétiens syriens ne manifestent pas. Tout comme la communauté alaouite, une minorité d’obédience chiite, dont est issue la famille Assad, au pouvoir depuis 1970, ainsi que les plus grandes fortunes et les chefs des services de sécurité. Quant aux Kurdes, ils hésitent à s’engager franchement, de peur de faire, les premiers, les frais de la répression, d’autant que le pouvoir a promis de délivrer des papiers d’identité à quelque 250 000 d’entre eux, privés de nationalité depuis les années 60.

Test. Malgré ces hésitations et ces craintes, qui touchent de larges pans de la société syrienne, la mobilisation ne faiblit pas. Encore intermittente, sautant depuis le 15 mars d’une ville à l’autre, elle ne cesse pourtant de gagner en nombre et en force. Cette journée de vendredi s’annonçait comme un test à double titre. Les protestataires allaient-ils être impressionnés par la répression sans précédent qui s’est abattue le week-end dernier sur les manifestants de Homs, qui avaient entrepris d’occuper pacifiquement la place principale de la troisième ville du pays ? Les quelques concessions faites par le régime dans la foulée allaient-elles éteindre l’incendie ? Le président Bachar al-Assad a abrogé jeudi l’état d’urgence, en vigueur depuis 1963. Mais son ministre de l’Intérieur a aussitôt précisé que les manifestations n’avaient « plus lieu d’être » et qu’elles étaient désormais « strictement interdites ». Cette ouverture en trompe-l’œil semble être le maximum que le régime est disposé à concéder.

Logiquement donc, la contestation n’a pas faibli. Elle a touché la province de Deraa, où tout a commencé le 15 mars. Mais aussi les villes de Homs, Hama, Lattaquié, Banias, Qamichlé et Hassaké en zone kurde, et même Ougarit ou Rakka. La banlieue proche et lointaine de la capitale, Damas, a été très agitée, notamment les localités de Douma et Daraya, où les manifestants ont déboulonné les statues de Hafez al-Assad, le père du président actuel, mais aussi les quartiers périphériques de Barzeh, Harasta et Maadamiya.

Surtout, pour le deuxième vendredi consécutif, une manifestation a eu lieu au centre de Damas. Elle a démarré à la sortie de la mosquée al-Hassan, dans le quartier de Midan, dirigée par un cheikh appartenant à une famille antibaassiste. Empêchés de manifester à la grande mosquée des Omeyyades, les protestataires de la capitale se sont donc donné rendez-vous dans celle-ci, avant de sortir dans la rue. Des images vidéo d’amateurs les montrent défilant sous un pont routier avant d’être dispersés par des tirs de gaz lacrymogènes. La police aurait tiré à balles réelles, causant deux à quatre morts selon les sources. Le bilan total de la journée oscille entre 40 morts selon l’AFP, et 70 selon Al-Jezira International. Il est très difficile à établir étant donné les restrictions de déplacement et refus de visas opposés aux médias étrangers. De toute façon, un tel bilan fait de ce « vendredi saint » la journée la plus sanglante depuis le début de la contestation. Les incidents les plus graves ont eu lieu à Ezra, dans le sud du pays, où 14 manifestants ont été tués devant la mairie.

Plusieurs enseignements se dégagent de la mobilisation de vendredi. D’abord, la contestation est de plus en plus simultanée : elle touche plusieurs grandes villes en même temps, même si Alep, la grande métropole du Nord et deuxième ville du pays, reste assez préservée, et si les manifestations restent embryonnaires à Damas.

Paysans. Deuxièmement, la révolte, en gagnant Damas, commence à toucher des classes sociales plus aisées. Jusqu’à présent, les plus défavorisés, notamment les paysans, frappés de plein fouet par la sécheresse qui sévit depuis deux ans, et les urbains paupérisés par la spéculation immobilière, avaient constitué le moteur de la contestation. Le soulèvement de Homs a changé la donne : toute la ville y a pris part, d’où la violence de la réaction du régime.

A Damas, la classe moyenne supérieure et les commerçants du souk n’ont pas encore basculé dans la contestation. Manifester dans la capitale reste un tabou absolu pour le régime. Si la répression devait y prendre un tour trop sanglant, si le cycle infernal des enterrements-manifestations devait s’y dérouler aussi, la protestation pourrait prendre une autre dimension. Ne serait-ce que par solidarité confessionnelle sunnite. Autre signe inquiétant pour le pouvoir, les slogans appellent de plus en plus à « la chute du régime ».

La répression de manifestations vendredi et samedi en Syrie a fait au moins 120 morts, selon un nouveau bilan annoncé par une organisation syrienne de défense des droits de l’Homme. Les dernières violences ont conduit deux députés à présenter leur démission, chose extrêmement rare dans le pays.

Selon Ammar Qourabi, président de l’Organisation nationale pour les droits de l’Homme, 112 personnes ont été tuées vendredi et au moins huit samedi. Ce bilan fait de vendredi la journée de loin la plus sanglante depuis le début du mouvement de contestation contre le pouvoir de Damas à la mi-mars. Plus de 300 personnes ont trouvé la mort en cinq semaines, selon des militants démocrates et des ONG.

Les forces de sécurité ont ouvert le feu à balles réelles et fait usage de gaz lacrymogène vendredi pour disperser des dizaines de milliers de personnes manifestant contre le régime du président Bachar el-Assad, notamment à Homs (centre) et à Izraa (sud), selon des témoins. Elles ont à nouveau tiré samedi alors que des milliers de personnes étaient rassemblées notamment à Douma, dans la banlieue de Damas, et à Izraa pour les funérailles des protestataires tués la veille.

Ces informations ne pouvaient être confirmées de source indépendante, la Syrie ayant expulsé les journalistes étrangers et restreint l’accès aux sites des manifestations.

Les dernières violences ont conduit deux députés à annoncer leur démission. Nasser Hariri et Khalil Rifaï sont tous deux originaires de Deraa, cette ville du sud du pays d’où est parti le mouvement de contestation. "Si je ne peux pas protéger la poitrine de mon peuple de ces tirs de traîtres, alors rien ne justifie que je reste au Conseil du peuple. Je donne ma démission", a déclaré M. Hariri dans un entretien à la chaîne Al-Jazira.

Les démissions d’hommes politiques sont extrêmement rares en Syrie, régime autocratique où la grande majorité des opposants sont soit en prison, soit en exil.

A Paris, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a dénoncé samedi une "répression aveugle et brutale" qui "contredit la levée de l’état d’urgence", annoncée dans la semaine par le gouvernement syrien. "La France condamne les violences extrêmes exercées par les forces de sécurité syriennes", a déclaré le chef de la diplomatie française dans un communiqué. "Les responsables et les auteurs de ces crimes devront répondre de leurs actes".

Vendredi soir, le président américain Barack Obama avait estimé que l’usage "scandaleux" de la force contre les manifestants devait "cesser maintenant".

Le régime syrien a levé cette semaine l’état d’urgence, en vigueur dans le pays depuis 1963, une des principales demandes des manifestants. Le fils dB’Hafez el-Assad avait en revanche prévenu qu’une fois cette mesure prise, il n’y aurait plus d’"excuse" pour les manifestants et que tout mouvement de contestation serait considéré comme du "sabotage" de l’Etat.

YEMEN

Image symbolique au Yémen… Un groupe de militaire a rejoint les manifestants qui réclament la démission du président Saleh depuis le 27 janvier.

A Sanaa, ils étaient encore plusieurs milliers ce samedi à protester.

La grève générale a été très suivie dans l’ensemble du pays. Mais, tout ne s’est pas passé sans heurt.

A Aden, dans le sud, deux jeunes manifestants ont été blessés par des tirs de l’armée alors qu’ils tentaient de dresser une barricade.

Malgré le danger, les femmes veulent faire partie du mouvement. Tous les jours ou presque, elles se regroupent dans les manifestations :

“Je pense que le président Saleh n’a aucune chance d‘échapper à la justice. Il rêve, il ne restera pas jusqu’en 2013. Nous combattrons, et si les jeunes veulent le chasser sans les femmes, nous ne leur pardonnerons pas.”

“Si Dieu le veut, dans une semaine, nous le forcerons à quitter le pouvoir. Nous resterons là, la jeunesse est très enthousiaste, il ne restera pas.”

Hier ont eu lieu les plus importantes manifestations jamais organisées contre le régime.

Le président Saleh a accusé l’opposition de conduire le pays vers la guerre civile.

Il n’a toujours pas accepté le plan de transition politique des pays du Golfe, même s’il dit l’accueillir positivement.

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a proposé la formation d’un gouvernement d’union nationale, puis un transfert des prérogatives par le chef de l’Etat au vice-président et un arrêt des manifestations.

Le président présenterait ensuite sa démission au Parlement dans les 30 jours, puis un président intérimaire et le cabinet organiseraient une élection présidentielle dans les 60 jours.

Cette proposition de sortie de crise lui accorde aussi l’immunité après son départ du pouvoir. Les comités de contestataires n’en veulent pas.

L’opposition a fait savoir aujourd’hui qu’elle exigeait le départ de Saleh avant la formation du gouvernement d’union nationale, arguant qu’elle ne prêterait pas serment devant lui et ne servirait pas sous son autorité.

OMAN

Trois milliers de manifestants ont défilé dans les rues de la ville portuaire de Salalah, dans le sud du sultanat d’Oman, après les prières du vendredi.

Il s’agit d’une des plus importantes manifestations en faveur de réformes depuis le début de la contestation dans le sultanat, voici deux mois.

Au lieu de diriger les prières à l’intérieur d’une mosquée, un imam les a tenues sur un parking situé en face du siège du gouvernorat, où environ 3.000 fidèles s’étaient massés. Après son sermon, ils ont défilé dans les rues de la ville.

Le sultan Qabous bin Saïd, qui dirige le pays depuis quarante ans, a promis dimanche de débloquer 2,6 milliards de dollars pour des dépenses sociales, après pratiquement deux mois de manifestations inspirées par les soulèvements ailleurs dans le monde arabo-musulman, notamment en Tunisie et en Égypte.

Les manifestants omanais concentrent leurs revendications sur des hausses de salaires, la création d’emplois et la lutte contre la corruption.

Un sit-in, qui a duré plusieurs semaines dans la ville industrielle de Sohar, lieu phare de la contestation omanaise, a été dispersé par les forces de sécurité, qui ont arrêté plusieurs centaines de personnes pour des actes de vandalisme présumés. En début de semaine, les autorités ont accordé une grâce à 234 personnes arrêtées durant les manifestations.

EGYPTE

Des milliers de manifestants se sont rassemblés, hier en milieu de journée, place Tahrir au Caire, pour réclamer que le président déchu Hosni Moubarak et d´autres membres de son régime soient jugés. M. Moubarak est assigné à résidence dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge. L´ancien président, son épouse Suzanne et leurs deux fils, Alaa et Gamal, ont vu leurs avoirs gelés et leur fortune fait l´objet d´une enquête, mais ils n´ont pas encore été déférés devant la justice. De nombreux responsables politiques et hommes d´affaires proches du clan Moubarak sont aussi sous le coup de diverses mesures, allant de la comparution en justice à l´interdiction de quitter le territoire. Mais les manifestants réclament des mesures plus fermes contre nombre d´entre eux, qui n’ont pour l´instant pas été inquiétés, ou font l´objet de simples enquêtes.

Des manifestants qui ont résisté à l’intervention de l’armée égyptienne dans la nuit de vendredi à samedi sur la place Tahrir, au Caire, ont réclamé samedi que les militaires rendent le pouvoir à la société civile et exigé le procès de Hosni Moubarak.

Des centaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées la veille sur la place devenue le symbole de la révolution égyptienne pour réclamer des poursuites judiciaires contre l’ancien président et reprocher aux autorités militaires, qui ont pris les rênes du pays, leur lenteur dans la lutte contre la corruption.

Dans la soirée, des incidents ont éclaté alors que les forces de sécurité intervenaient, tirant en l’air et faisant usage de pistolets paralysants et de matraques, pour disperser les derniers manifestants et faire respecter le couvre-feu, en vigueur entre 02h00 et 05h00.

Mais plusieurs centaines de militants sont restés sur les lieux, défiant les forces de l’ordre. Plusieurs véhicules de l’armée ont été incendiés et des pierres ont été lancées par les manifestants.

De sources médicales, on indique que deux hommes ont succombé à des blessures par balles après l’intervention de l’armée.

Celle-ci a démenti avoir tiré à balles réelles sur les manifestants qui refusaient de partir et affirme que son intervention n’a entraîné aucune mort d’homme.

Quoiqu’il en soit, ces incidents illustrent le ressentiment croissant d’un noyau dur de la révolution à l’égard des forces armées, soupçonnées de collusion avec les derniers réseaux du régime de Moubarak.

"Le conseil militaire fait partie intégrante du régime corrompu. Il est constitué de chefs militaires qui ont tiré profit de Moubarak et de ses trente années de vol au détriment du peuple égyptien", dénonçait samedi matin Abdallah Ahmed, 45 ans, croisé place Tahrir.

L’armée a pris directement les commandes du pays, au départ de Moubarak le 11 février dernier.

Le Conseil suprême des forces armées a programmé des élections législatives en septembre. Un scrutin présidentiel suivra, en octobre ou novembre, et l’armée a annoncé qu’elle remettrait alors le pouvoir à un gouvernement civil.

L’ancien président, âgé de 82 ans, et sa famille vivent eux dans la station balnéaire de Charm el Cheikh depuis leur départ du Caire. Il leur est interdit de quitter l’Egypte.

En début de matinée, samedi, aucun signe de présence de l’armée n’était plus visible autour de la place. "Grâce à Dieu, nous leur avons tenu tête et nous sommes toujours là", a dit un manifestant.

De plusieurs centaines, le nombre de manifestants a augmenté dans la matinée. A la mi-journée, ils étaient plus de 2.000 sur la place-symbole de la contestation qui a abouti au départ du raïs après dix-huit jours de mobilisation.

La participation à la manifestation de vendredi organisée par les collectifs formés de jeunes cyberactivistes, à la pointe de la révolution égyptienne, dans le cadre d’un "Vendredi de la purification et des responsabilités", en fait l’une des plus importantes depuis la chute de Moubarak.

"Nous resterons ici tant que Moubarak n’aura pas été jugé", a promis Mahmoud Salama, qui travaille dans une agence de voyage.

D’autres réclamaient la démission du maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, inoxydable ministre de la Défense sous Moubarak qui dirige aujourd’hui le Conseil suprême des forces armées.

"Soit le maréchal Tantaoui traduit ces gens - Moubarak, son fils Gamal et les autres - en justice, soit il quitte son poste et laisse quelqu’un d’autre le faire. Car la lenteur du processus rend les gens soupçonneux à l’égard du commandement militaire", résume Achraf Abdel-Aziz, un commerçant de 36 ans.

L’armée a déjà dispersé par la force une précédente manifestation sur la place Tahrir après le renversement de Moubarak. Elle avait présenté des excuses le lendemain, affirmant qu’aucun ordre n’avait été donné pour cette intervention.

"L’armée est dans une position difficile. Ce qui s’est produit vendredi résulte d’erreurs d’appréciation de l’armée sur la manière de conduire la révolution, mais pas d’une complicité avec l’ancien régime", analyse l’universitaire Hasan Nafaa, spécialiste des sciences politiques très impliqué dans le "printemps égyptien".

"L’armée, ajoute-t-il, tente de parvenir à un équilibre entre mise en oeuvre de réformes, purge de l’ancien système et maintien de la stabilité économique et politique. L’armée sait bien que de nombreuses personnalités issues de l’ère Moubarak contrôlent l’économie et sont profondément ancrées dans la société. Elle agit par conséquent par étapes mesurées."

4 Messages de forum

  • La tension est vive en Ouganda deux mois après la réélection du président Yoweri Musevini. Le pays est secoué depuis le 11 avril par une violente contestation organisée par l’opposition contre la vie chère. Les autorités, qui ont conscience qu’internet est un outil incontournable pour organiser les manifestations, ont tenté de bloquer l’accès à Facebook et Twitter. Les internautes indifférents à la censure continuent à relayer l’information.

    C’est dans un climat de tension que Yoweri Musevini a été réélu président le 20 février. Après une nouvelle tentative d’organiser ce jeudi des manifestations à Kampala contre la cherté de la vie, qui ont débuté le 11 avril, le chef de file de l’opposition, Kizza Besigye, du parti Forum pour le changement démocratique, candidat malheureux à la présidentielle, a été de nouveau placé en détention jusqu’à mercredi prochain. Alors que ses deux précédentes comparutions en justice, les 11 et 18 avril, s’étaient soldées par des remises en liberté sous caution. Il a créé un mouvement de protestation, intitulé Walk to Work avec Nobert Mao, chef du parti démocratique et Olara Otunnu, chef du Congrès du peuple de l’Ouganda. Les marches qui sont réprimées par les forces de l’ordre, qui tirent parfois à balles réelles contres les protestataires, ont fait au moins 7 morts cette semaine et 167 blessés.

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  • Des milliers de Marocains ont manifesté ce dimanche 20 mars 2011, dans plusieurs villes, pour réclamer davantage de démocratie et de justice sociale et moins de corruption, quelques jours après l’annonce par le roi Mohammed VI de profondes réformes politiques. Largement épargné par la contestation qui a secoué le monde arabe, le Maroc avait connu ses premières manifestations d’ampleur nationale il y a un mois à l’appel du « mouvement du 20 février ».

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  • Des milliers de personnes sont descendues dans les rues dimanche pour demander dans le calme l’avènement d’un "Maroc nouveau" sur la base de réformes d’envergure et de la fin des détentions politiques.

    C’était la troisième journée de manifestations de masse dans le royaume depuis leur lancement en février.

    Anxieuses d’éviter des troubles comparables à la tempête qui a balayé ces derniers mois les régimes tunisien et égyptien, les dirigeants marocains ont déjà annoncé une série de réformes rognant une partie des prérogatives du roi Mohamed VI et restreignant l’influence de la monarchie dans la sphère économique.

    Quelque 10.000 personnes ont ainsi défilé dans la grande métropole économique, Casablanca.

    A Rabat, la capitale, les manifestants ont dénoncé la corruption, la torture ainsi que le taux de chômage, particulièrement élevé chez les jeunes.

    Les forces de l’ordre sont restées relativement discrètes aux abords de ces manifestations organisées à l’appel du Mouvement du 20 février, date du premier défilé du genre.

    "Cela concerne plus la jeunesse que nous-mêmes", explique Redouane Mellouk, venu défiler avec son fils Mohamed Amine, âgé de huit ans, et brandissant une pancarte demandant "Un Maroc nouveau".

    "Nos parents ne pouvaient parler politique avec nous, ils avaient peur. Cette situation doit changer", ajoute Mellouk.

    Un homme de 70 ans ne donnant que son prénom affirme pour sa part que la jeunesse marocaine a raison de protester. "Regardez-les. Ils sont cultivés et comme la plupart des jeunes instruits de ce pays, ils sont désoeuvrés. Tout se fait au Maroc au moyen de privilèges. Il vous faut un oncle ou un parent bien placé pour obtenir quoi que ce soit".

    En mars, le roi, par ailleurs "Commandeur des Croyants", a annoncé des réformes constitutionnelles rognant une partie de ses pouvoirs et rendant la justice indépendante mais jugées insuffisantes par les manifestants.

    Il existe aussi un ressentiment au sein de la population à l’égard du poids économique du palais par le biais de sa holding, la Société nationale d’investissement (SNI).

    Sur l’un des calicots aperçus dans la foule à Casablanca, la holding du palais était présentée comme une pieuvre aux tentacules symbolisant ses filiales avec pour légende :"L’argent ou le pouvoir".

    Des islamistes ont participé aux défilés pour réclamer la remise en liberté de tous les détenus politiques. Début avril, les autorités ont relâché 92 d’entre eux, pour l’essentiel des salafistes du groupe Djihad.

    A Rabat, l’épouse de l’islamiste Bouchta Charef, qui affirme avoir été torturé en prison où il est détenu pour terrorisme, a réclamé la libération de tous les islamistes.

    "Mes enfants n’ont plus de foyer", a déclaré Zehour Dabdoubu à l’agence Reuters. "Tous les mois, je dois déménager. Je suis persécutée parce que les gens pensent que je suis la femme d’un terroriste".

    Le groupe islamiste d’opposition Al Adl Ihsane, interdit, fait profil bas lors des défilés du Mouvement du 20 février tout en les soutenant.

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  • Plusieurs milliers de personnes ont manifesté pacifiquement dimanche dans des villes du Maroc, pour la troisième fois depuis le début de l’année, pour réclamer davantage de démocratie et de justice sociale, malgré la récente libération par le roi Mohammed VI de prisonniers politiques et sa promesse d’importantes réformes.
    D’autres manifestations sont prévues plus tard dans la journée, à partir de 16h00 (17h00 GMT), dans d’autres villes comme Rabat et Fès (centre), à l’appel du Mouvement de jeunes du 20 février qui revendique des changements politiques et sociaux au Maroc.

    Dans certaines villes comme Casablanca, Tanger (nord) et Marrakech (sud), les manifestations ont commencé à partir de 11h00 GMT.
    "Nous voulons plus d’égalité et moins de corruption", "Non au cumul de la fortune et du pouvoir", "pour un roi qui règne mais ne gouverne pas", scandaient les manifestants à Casablanca.
    Près de 10.000 personnes se sont rassemblés dans le centre de la ville et marché jusqu’à la place Mohammed V, selon un journaliste de l’AFP. Les organisateurs estiment à "près de 20.000" le nombre de manifestants.
    "Je suis ici parce que je veux un Maroc plus juste, dans lequel les chances sont les mêmes pour tous les jeunes, notamment pour ce qui concerne l’emploi", a déclaré à l’AFP Mohammed, un jeune de 23 ans qui a une licence en économie.
    La limitation des pouvoirs politiques du roi, la lutte contre la corruption et l’indépendance de la justice sont les principales revendications des manifestants de Casablanca, pour la plupart des jeunes du Mouvement du 20 février, d’après la date des premières manifestations au Maroc dans le contexte des révolutions et troubles dans différents pays arabes. D’autres manifestations avaient eu lieu le 20 mars.
    A Marrakech, ils étaient plus de 500 manifestants à revendiquer des réformes politiques, selon un correspondant de l’AFP.
    A Tanger, plus de 2.000 manifestants ont appelé notamment au départ du maire de la ville, Fouad El Omary, et critiqué sa gestion, selon un témoin.
    Dans un discours tenu le 9 mars, Mohammed VI a annoncé d’importants changements politiques visant notamment à renforcer l’indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs, et mis en place, le lendemain, une commission pour la réforme de la constitution.
    Le 14 avril, le roi a libéré de nombreux détenus politiques dont des islamistes et des Sahraouis, un acte présenté comme un signe d’apaisement par plusieurs observateurs.
    En dépit de ces ouvertures, le Mouvement du 20 février avait maintenu la mobilisation de ce dimanche pour "entretenir la pression" et parce qu’il juge "insuffisantes" les décisions royales.
    La commission pour la réforme constitutionnelle achèvera ses travaux le 15 juin et remettra ses résultats au roi le 16, avait indiqué à l’AFP l’un des ses membres.

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