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Egypte : les faux amis et les vrais ennemis

mardi 1er février 2011, par Robert Paris

Qui est ami de la grande bourgeoisie, de l’impérialisme et n’est pas ennemi des généraux est notre ennemi même s’il se prétend adversaire de Moubarak...

Qui refuse le pouvoir des comités de travailleurs et de jeunes et refuse aux soldats le droit de fonder leurs comités dans l’armée n’est pas notre ami...

Qui refuse qu’on prenne sur les plus riches pour donner à tous un toit, un emploi, une éducation, une santé, n’est pas notre ami...

Grâce à sa mobilisation qui tient tête à la dictature militaire, le peuple égyptien a gagné la sympathie des peuples du monde entier mais il a recueilli aussi des soutiens hypocrites et intéressés. Des "opposants" que l’on n’entendait pas avant qu’il se batte, des gouvernants qui soutenaient la dictature, des militaires brusquement devenus démocrates, tous ces gens-là espèrent bien tirer bénéfice des événements pour se faire passer pour des amis du peuple !

Les El Baradei et autres Obama sont des gens qui n’ont aucune raison de recueillir la confiance des masses. les généraux égyptiens non plus.

On nous dit que "Mohamed El Barade a été désigné dimanche par l’opposition égyptienne pour "négocier" avec le régime du président Hosni Moubarak après six jours de révolte" mais il n’a pas été désigné par le peuple travailleur et la jeunesse révoltée.

"Je vous demande de patienter, le changement arrive", a-t-il déclaré aux manifestants qui scandaient : "Le peuple veut la chute du président." Le peuple n’a que trop patienté !!!

Les partis ou groupes qui disent vouloir la démocratie ne sont pas forcément plus fiables...

Regardez la fameuse "opposition tunisienne" devenue sage : on peut lire ainsi "Les « démocrates » tunisiens qui ont soutenu et accompagné la révolution sont profondément divisés sur le devenir du mouvement protestataire. Il y a ceux qui pensent qu’il faut renforcer la démocratie naissante en mettant fin définitivement au processus contestataire. Ils sont partisans d’une certaine normalisation sécuritaire, basée sur un compromis historique entre les « colombes » de l’ancien régime, les opposants indépendants et les représentants du syndicat unique UGTT (Union générale tunisienne du travail). Ils souhaitent consolider la transition démocratique, notamment en transigeant avec l’armée et les parties les plus « saines » de l’appareil sécuritaire, ainsi qu’avec certains anciens caciques du régime réputés pour leur « ouverture ». C’est la position défendue par Néjib Chebbi (Parti démocrate progressiste), ancien opposant à Ben Ali et actuellement ministre du gouvernement de transition."

Ces gens-là ne sont pas des révoltés contre l’oppression et l’exploitation !!! Il ne faut ni les suivre ni les écouter...

Le problème n’est pas se méfier des uns ou des autres mais surtout de faire en sorte de prendre les décisions nous-mêmes. On peut écouter les propositions de tout le monde mais c’est le peuple organisé en comités qui doit trancher.

Comment reconnaitre les faux amis ? Ce sont ceux qui nous disent que l’Etat va nous sauver, que l’armée va nous sauver, que les élections vont nous sauver.

La rue ne demande pas seulement la liberté et le respect, elle réclame du pain, du travail, un logement pour tous, la santé, l’éducation, le travail, un revenu assuré et suffisant pour tous. Ceux qui veulent noyer les revendications sociales ne sont pas nos amis. Il ne suffit pas de changer de président, de gouvernement, ni de constitution. Il faut changer de système !!!

Ce sont ceux qui ne veulent pas que les comités se développent, se fédèrent à l’échelle du pays, y compris les comités de soldats.

Ce sont ceux qui n’ont pas confiance dans les capacités des masses et nous disent qu’un gouvernement de transition est une solution.

Le mouvement continue mais il doit s’organiser pour avoir des perspectives de changement social.

Des dizaines de milliers de personnes manifestaient sans relâche lundi au Caire pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak, malgré l’annonce d’un nouveau gouvernement, à la veille de marches géantes prévues pour marquer une semaine de révolte sans précédent.

Le président Hosni Moubarak, qui fait face à un mouvement de contestation de cette ampleur pour la première fois en 30 ans de pouvoir, a formé un nouveau gouvernement, renouvelé pour moitié. C’est une caricature de changement. Cela ne change rien et Moubarak le sait bien. Il se contente de préparer de nouveaux pièges politiques avec son armée qu’il met de plus en plus en avant....

Les ennemis sont ceux qui veulent faire croire que les généraux sont bien parce qu’ils ne tirent pas... C’est une tactique de leur part pour préparer leur pouvoir militaire. S’ils étaient du côté du peuple, ils commenceraient pas démettre Moubarak et laisseraient les soldats rejoindre la mobilisation. C’est une illusion très dangereuse.

Le ministre de l’Intérieur Habib el-Adli, dont les manifestants réclamaient le départ, a été remplacé par un haut responsable de la police, Mahmoud Wagdi. Et il n’y a plus de ministre issu du milieu des affaires, considéré comme proche de Gamal Moubarak, fils d’Hosni et conspué lui aussi par les manifestants.

Le mouvement de contestation a lancé lundi un appel à la grève générale et a appelé à des "marches d’un million" de personnes mardi au Caire et à Alexandrie (nord), pour faire pression sur le régime après une semaine de manifestations incessantes qui ont fait au moins 125 morts et des milliers de blessés. Ce sont des assassins qui sont à la tête de l’Etat. Les opprimés vont devoir démolir l’Etat et il faut cesser de croire que l’armée est avec les manifestants mais plutôt entraîner les soldats à se mutiner.

Le trafic ferroviaire a été suspendu lundi, empêchant les mouvements vers la capitale. Et pour diffuser leurs messages, les manifestants comptaient sur le bouche-à-oreille, Internet restant bloqué et le service de messagerie mobile perturbé.

Lundi après-midi, une marée humaine a de nouveau déferlé sur la place Tahrir (place de la Libération), épicentre de la contestation dans le centre du Caire depuis le 25 janvier.

Peu avant 17H00, ils étaient toujours des dizaines de milliers à braver tranquillement le couvre-feu, en vigueur de 15H00 à 8h00 au Caire, à Suez (est) et à Alexandrie, dans une ambiance de kermesse.

Venus en famille ou en groupes, à peine contrôlés à l’entrée de la place par des soldats qui ouvraient juste les sacs et les cartons de nourriture, ils exigeaient la fin de la corruption, des privations et de l’oppression policière.

"Pas de changements de visage, un changement de régime !" ou "Le sang des martyrs n’aura pas été versé en vain !", scandaient les manifestants.

"J’habite à 80 km du Caire, je suis ici depuis trois jours. J’ai prévenu mes enfants : je ne rentrerai pas à la maison tant que ce régime pourri ne sera pas tombé. Nous avons eu peur pendant trente ans, c’est fini", a affirmé Ramadan El Yamani, un professeur de 49 ans.

Dimanche soir, le président Moubarak a chargé son nouveau Premier ministre Ahmad Chafic de promouvoir la démocratie par le dialogue avec l’opposition, après un appel du président américain Barack Obama à une "transition vers un gouvernement répondant aux aspirations" des Egyptiens. Comme si le dictateur américain n’était pas préoccupé d’abord de maintenir sa dictature, quitte à en changer la forme. Mais pas le fond. Les aspirations du peuple, l’impérialisme est fondamentalement contre bien entendu...

Les ministres européens des Affaires étrangères ont appelé lundi à des "réformes démocratiques substantielles" conduisant à la tenue d’élections "libres et justes" en Egypte. Comme si on attendait d’eux une quelconque réaction démocratique, les amis et copains de Moubarak ...

Six journalistes du canal anglophone de la chaîne qatarie Al-Jazira ont été brièvement arrêtés lundi au Caire, et leur caméra confisquée, au lendemain de l’interdiction de la chaîne satellitaire en Egypte, où elle a accordé une large couverture aux manifestations anti-gouvernementales.

La compagnie nationale Egyptair a annoncé lundi l’annulation jusqu’à nouvel ordre de tous ses vols intérieurs et extérieurs prévus aux heures du couvre-feu.

Au septième jour de mobilisation, le pays était en partie paralysé. La plupart des distributeurs de billets étaient vides, les banques fermées, et la réouverture de la Bourse du Caire, qui a plongé la semaine dernière, n’était pas prévue avant mercredi au plus tôt.

L’agence de notation Moody’s a dégradé lundi d’un cran la note de l’Egypte, et envisageait de l’abaisser encore à moyen terme.

Le secrétaire général de l’Opep, Abdallah El-Badri, a estimé que les tensions en Egypte pourraient affecter le passage stratégique du canal de Suez et générer une "pénurie" de pétrole.

Sous l’effet de ces craintes, les cours du baril de pétrole ont dépassé à Londres le seuil symbolique des 100 dollars, pour la première fois depuis octobre 2008. L’impérialisme est très inquiet : l’enjeu pour lui est le pouvoir sur toute la région et, au delà, les réactions à venir dans le monde entier face à la crise du système...

La révolte, entamée 11 jours après la fuite de l’ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sous la pression de la rue, faisait naître des espoirs pour le reste de la région. Mais ces espoirs ne doivent pas s’en tenir à revendiquer. Il faut organiser l’avenir et ne compter sur aucune force liée aux classes dirigeantes, à leur Etats, à leurs armées

Sauvons-nous nous-mêmes !!!


Pour faire avancer la lutte, certaines questions fondamentales doivent être clarifiées. Tout d’abord, on ne doit absolument pas placer sa confiance dans l’un ou l’autre des groupes d’opposition, y compris les Frères musulmans et Mohamed El Baradei qui vient de rentrer en Egypte tout à fait déterminé à empêcher que les protestations deviennent incontrôlables. Toutes ces forces, ainsi que les syndicats pourris contrôlés par l’Etat, sont totalement engagés à la défense du capitalisme égyptien et à ses relations avec l’impérialisme.

Deuxièmement, la propagation de la lutte requiert une mobilisation indépendante de toute la classe ouvrière, conduisant derrière elle toutes les masses opprimées de la région. La forme des soulèvements initiaux a déjà montré que c’est la classe, et non la religion, la nationalité ou l’origine ethnique, qui est la division sociale fondamentale dans chaque pays.

Il est nécessaire de rejeter tous ceux qui recommandent la retenue et qui sont en quête d’un accord au sein de la structure sociale et politique antidémocratique existante, et qui lancent leurs appels à l’impérialisme américain et mondial. L’objectif doit être de remplacer l’Etat existant par un gouvernement ouvrier contrôlé par de nouvelles institutions démocratiques populaires. Un tel gouvernement sera la base pour mener à bien des mesures socialistes, dont la nationalisation de toutes les grandes entreprises et banques.

Finalement, la lutte des travailleurs égyptiens doit être consciemment liée aux luttes des travailleurs partout dans la région et internationalement. Comme Trotsky l’expliquait dans sa théorie de la révolution permanente, il ne peut y avoir de solution même aux revendications démocratiques les plus élémentaires, dont la fin de la dictature, dans le cadre du système de l’Etat-nation et du régime de la bourgeoisie nationale. L’échec au siècle dernier de tant de mouvements populaires partout au Moyen Orient, y compris en Egypte, a été leur subordination, souvent du fait des trahisons des organisations staliniennes, à la bourgeoisie nationale,

Les conditions sociales qui ont déclenché ces protestations sont universelles : l’accumulation de la colère contre le chômage et la pauvreté de masse, la répulsion contre la corruption et la richesse obscène d’une mince élite dirigeante, la rage refoulée à l’encontre d’un système politique répressif qui est indifférent aux besoins fondamentaux de la population en général. Ces conditions prévalent non seulement au Moyen Orient et dans les anciennes colonies, mais aussi dans les grandes puissances capitalistes.

Dans chaque pays, la bourgeoisie – d’abord et avant tout celle des Etats-Unis – réagit à l’effondrement mondial du capitalisme en attaquant impitoyablement sa « propre » classe ouvrière. Ceci signifie que des conditions objectives existent comme jamais auparavant pour unifier les travailleurs et les opprimés dans les anciens pays coloniaux avec leurs frères de classe dans les centres impérialistes.

Le rôle des Etats-Unis en renforçant le gouvernement Moubarak souligne le fait qu’il est impossible de trouver une solution aux luttes des masses égyptiennes sans la défaite de l’impérialisme même. Dans cette tâche, le plus grand allié du peuple égyptien est la classe ouvrière américaine.

La vitesse à laquelle les révoltes de masse se développent, remettant en question la viabilité des piliers de l’impérialisme américain en place depuis des décennies, atteste de l’état explosif des tensions sociales et de classe partout dans le monde. La crise du capitalisme mondial qui a éclaté en 2008 s’aggrave et il est déjà évident que 2011 annoncera une nouvelle période de soulèvements révolutionnaires.

Pour faire avancer ces luttes, une nouvelle direction doit être construite, qui soit consciemment enracinée dans les leçons du vingtième siècle et la perspective de la révolution socialiste internationale. (extraits WSWS)

1 Message

  • Egypte : les faux amis et les vrais ennemis 1er février 2011 13:00, par saïd

    « Ashab yourit eskhat raï », « ashab yourit eskhat al nazam », « le peuple veut la chute du raï » et « le peuple veut la chute du gouvernement », sont les slogans les plus fréquents.

    Une blague court :

    Pourquoi Moubarak n’est pas encore parti ?

    Parce qu’il cherche un sarcophage à sa taille et une urne pour ses viscères....

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