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La reine Margot et le massacre de la Saint-Barthélemy

jeudi 6 janvier 2011, par Max

La reine Margot est le film qui raconte le massacre de la saint Barthélémy : 30000 femmes enfants hommes tués et torturés en quelques jours, dans plusieurs villes de France, dont Paris, car ce génocide commence aux tuileries et dans la cour du Louvre.

Ce que ce film ne raconte pas pourtant c’est le pourquoi d’un tel massacre planifié du haut de l’Etat monarchique.

La description des haines entre catholiques et protestants et des manipulations au sommet de la cour du roi, laissent penser à un complot contre un roi "bienfaisant" qui n’aurait eu d’autre choix que de tuer pour protéger sa famille, son clan, son royaume.

Ce que le film oublie, c’est que Colligny, chef des protestants et "conseiller" d’un roi catholique, est à la tête d’un mouvement révolutionnaire, dont lui même craint les développements. Colligny serait il le salvador Allende d’une bourgeoisie qui ne supporte plus la dictature des nobles et des privilèges ?

Les religions seraient elles le paravent comme l’ethnisme (Hutu et Tutsi) ou l’antisémitisme qui cache la réaction fasciste d’une classe sociale qui a peur de la révolution, 2 siècles avant sa chute définitive.

Cliquez ici pour voir le film

ci dessous des extraits de l’article "La Saint-Barthélemy, le massacre des Protestants de France, n’était pas une simple guerre de religion mais une contre-révolution sociale"

"la monarchie était financièrement affaiblie. La troisième guerre avait coûté très cher. Les effectifs réunis par l’armée royale avaient été considérables : jusqu’à 70.000 hommes environ. On a pu évaluer les dépenses occasionnées à 18 millions de livres pendant chacune des deux années que dura le conflit. Les recettes totales, en temps ordinaire, tournaient autour de 13 à 14 millions ; mais les troubles avaient empêché les impôts de rentrer normalement. Pour faire face au déficit, le roi augmenta l’impôt de la taille en 1571, qui s’éleva, cette année-là, à 9.500.000 livres, alors que son montant moyen au cours de la période 1561-1576 se chiffre à 7 millions ; il eut aussi recours à des expédients – emprunts, taxes sur les villes, ventes de nouveaux offices. Tous ces artifices provoquèrent des mécontentements ; le parlement de Paris, en particulier, protesta contre la création, à l’automne de 1570, de quarante secrétaires du roi et de présidents et de conseillers supplémentaires à la cour des Monnaies. Le clergé lui-même était mis à contribution ; par un contrat avec la monarchie, renouvelé en 1567, il s’était en gagé à fournir 630.000 livres par an. Malgré cette quête de ressources, Charles IX se trouvait dans l’incapacité de payer régulièrement les soldats des compagnies ou des garnisons restant sous les armes. Les plaintes affluaient à Paris. (…) Les propres gardes du roi n’étaient pas mieux lotis. Tous ces retards entretenaient une insatisfaction latente au sein des troupes royales. Un des problèmes les plus ardus était le paiement des mercenaires recrutés par Charles IX pendant la guerre, reîtres allemands ou suisses catholiques conduits par Ludwig Pfyffer. (…) Charles IX, quant à lui, était surtout mû par la hantise d’être perçu comme un roi faible dont l’autorité serait bafouée. La lettre qu’il adressa en décembre 1571 au prévôt des marchands Claude Marcel, à propos des troubles parisiens (…), l’atteste clairement : « (…) Je me vois méprisé et mes commandements sont dédaignés à l’exemple de ceux du roi Charles VI. » Le souvenir du roi Charles VI (1380-1423), devenu fou, impuissant à empêcher la guerre civile et l’invasion anglaise, avait bien en effet de quoi obséder Charles IX.

Pour comprendre les motivations qui ont pu 1570 : une ville immense – la plus peuplée d’Europe -, elle comptait, au milieu du siècle, environ 300.000 habitants. (…) Les réformés n’y ont jamais formé qu’une très petite minorité, bien que fervente et active, au sein de l’immense population de Paris ; à la veille de la Saint-Barthélemy, ils comptaient peut-être entre 10.000 et 15.000 personnes, dont (…) environ 22% des officiers subalternes ou des membres des professions libérales, 15% des marchands ou des bourgeois, 31% des artisans. Une petite partie (13%) était composée d’individus de condition inférieure – domestiques, soldats, gagne-deniers ou gens « sans nul état » ; les écoliers et étudiants représentaient 5% et les hommes d’église 1%. (…) C’étaient les notables urbains eux-mêmes qui avaient détruit l’union religieuse. (…) L’exécution des chefs huguenots fut décidée par le Conseil du roi au soir du 23 août et fut suivie d’une explosion de colère des catholiques de Paris et du massacre. (…) La condamnation à mort de meneurs protestants a été, comme toute décision prise en Conseil, résolue collectivement, le roi sanctionnant de son autorité, (…) le roi finissant par prononcer l’exclamation demeurée fameuse : « Tuez-les tous, et qu’il n’en reste pas un seul pour me le reprocher. » (…) Le roi Charles IX expliqua devant le Parlement de Paris dans sa déclaration du 26 août « s’être trouvé face à un danger éminent, tel qu’il n’en était présentement pourvu par voie de fait, l’on rechercherait en vain les remèdes ordinaires de la justice. »

Bien des indices indiquent que les seuls transports mystiques ne suffisent pas à rendre compte de tous les aspects des tueries. (…) Toutes les sources attestent la présence d’un quadrillage militaire de la ville. Les témoins ont relevé la présence de nombreux corps de garde dans les rues, contrôlant les allées et venues. (…) Un récit montre l’image d’une capitale aux portes closes et soigneusement gardées, aux rues jalonnées de corps de garde et sillonnées de troupes visitant méthodiquement les maisons. (…) Tout porte à croire que les assassinats furent le fait d’une minorité active, constituée de bandes armées qui utilisèrent les structures de la milice mais agirent sans ordres officiels. Le reste de la population se calfeutra sans doute chez soi, bornant son concours à des dénonciations. Les Audin, Capefigue, etc., ont tant dit, répété que c’est le peuple qui a fait la Saint-Barthélemy, qu’on finit par le croire. Une chose montre pourtant que ce peuple était divisé. Il y avait le peuple libre, et le peuple des confréries. Une émeute éclata contre les Italiens, dont certains hôtels furent pillés. Le bruit courait qu’ils volaient des enfants pour les tuer et en fournir le sang à la reine mère et au duc d’Anjou, à qui les médecins ordonnaient, pour l’épuisement, des bains de sang humain. Telle était, chez les Parisiens, la popularité du vainqueur de Jarnac, du héros catholique. Donc Paris était divisé. Et, si on laissait aller les choses, la grande masse peu à peu inclinerait au parti vainqueur. Coligny arrivait avec la force du succès et de la révolution".

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