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Quand la sociologie s’est engagée...

samedi 25 juin 2011, par Robert Paris

Quand la sociologie s’est engagée ... au service du système capitaliste

Née avec la bourgeoisie, la sociologie a pris son essor en même temps que l’économie avec le développement du capitalisme. A ses débuts, elle a été marquée par la tentative de rationaliser les abus de ce système. Elle était marquée par le courant réformiste bourgeois appelé socialiste. Avec Auguste Comte, la sociologie prend déjà un tour pro-capitaliste. De nos jours, il en va très différemment. La sociologie a fourni une entrée dans les professions d’encadrement des salariés comme le responsable des Relations humaines et toutes les professions visant à cultiver l’idéologie patronale : sondages, audits, communication, formation et de déformer la conscience de classe.

Dans la civilisation arabo-islamique, Ibn Khaldoun, dans son ouvrage Muqaddima, introduit une méthode précise et critique des sources et met les évènements en perspective pour déterminer les causes de la montée et du déclin des dynasties arabes. Certains le considèrent comme le véritable père de la sociologie. Ainsi, Ludwig Gumplowicz, professeur de sciences politiques à l’Université de Graz, dans un ouvrage intitulé Aperçus sociologiques publié à Paris en 1900, rapporte qu’« un pieux moslem avait étudié à tête reposée les phénomènes sociaux et exprimé sur ce sujet des idées profondes : ce qu’il a écrit est ce que nous nommons aujourd’hui sociologie »

Pour les Temps modernes, c’est dans le Novum organum, la Grande restauration des sciences de Francis Bacon, et dans son tableau de classification des sciences, qu’on voit apparaître, sous l’intitulé de sciences humaines, un ensemble de disciplines portant sur les sociétés humaines ayant le même statut épistémologique que les sciences naturelles. Au XVIIIe siècle, plusieurs auteurs commencent à reconsidérer les mondes sociaux à partir de modèles mécaniques[4] ou physiques de Newton : les positions et les relations entre les individus obéiraient à des lois semblables à celle de l’attraction universelle[5]. Montesquieu, de même, ne doit pas être oublié, en particulier pour De l’esprit des lois dans lequel il propose d’appliquer une méthode inductive et comparative à l’analyse des systèmes politiques, afin d’en dégager les lois[6].

La volonté de constituer une « physique sociale », c’est-à-dire un savoir aussi objectif que les sciences physiques, mais qui porterait sur le domaine des organisations humaines et des relations sociales, émerge au début du XIXe siècle. Le premier à proposer une théorie "scientifique" des phénomènes sociaux au début du XIXe siècle est le comte de Saint Simon (1760-1825). Il lui donne le nom de physiologie sociale, qu’il replace dans une physiologie générale qui comprendrait aussi l’étude des êtres collectifs et de leur organisation.[7] L’emploi du mot sociologie naît d’une petite querelle… Lorsqu’Auguste Comte, qui fut le secrétaire de Saint-Simon de 1817 à 1823, a voulu reprendre la création d’une science de la société, il l’a d’abord renommée « physique sociale » ; Mais ce terme était déjà utilisé par un belge, Quetelet (qui étudiait les phénomènes sociaux avec des statistiques). Il décida donc de créer le mot « sociologie ». Auguste Comte, développa des théories sociologiques dans le système de politique positive (1851-1854). On le considère souvent en France comme un des pères fondateurs de cette science.

On compte souvent parmi les précurseurs de la sociologie Alexis de Tocqueville (1805-1859), pour ses études sur la Révolution française (L’Ancien Régime et la Révolution) ou sur les États-Unis (De la démocratie en Amérique). Il analyse ici les sociétés et compare la société américaine et les sociétés européennes. Il sera d’ailleurs un visionnaire en ce qui concerne le concept de moyennisation de la société. La sociologie connut un développement intense et régulier au cours du XXe siècle. Émile Durkheim, qui s’inspira de certaines théories d’Auguste Comte pour renouveler cette science humaine, voulait en particulier « étudier les faits sociaux comme des choses »).

Ce sont les troubles sociaux et politiques liés aux luttes de classes qui ont lancé la sociologie. Comprendre les risques d’explosion de la société bourgeoise était une motivation essentielle.

La sociologie "relations humaines" est ainsi décrite dans wikipedia :

Trois nouveaux traits caractérisent la sociologie du travail à partir des années 1940-50.

* Tout d’abord, les premières monographies commencent à apparaitre. Autrement dit, la sociologie du travail se penche davantage vers le terrain, tout en conservant une forte référence à la théorie. Cette évolution se poursuit dans les années 1960-70, avec le développement d’une multitude d’études empiriques au sein même des usines et des administrations.

* Ensuite, le champ de la discipline s’élargit. De nouvelles thématiques apparaissent ou sont explorées plus finement : la motivation au travail, les conditions du travail, les rapports entre travail et loisir, les effets sociaux du travail, etc.

* Enfin, à partir des années 1950-1960, de nouvelles méthodologies de recherche, davantage interactives (interaction chercheur/objet) apparaissent : recherche-action, intervention sociologique, expériences de psychologie sociale, analyse institutionnelle, méthodes ethnométhodologiques, etc. Ces approches interventionnistes connaissent toutefois aujourd’hui un certain déclin en sociologie du travail proprement dit.

Plusieurs facteurs permettent peut-être d’expliquer cette évolution de la sociologie du travail.

* L’évolution de la sociologie générale, qui, acquérant une place institutionnelle toujours croissante, diversifie son objet d’étude et accumule des connaissances sur le travail.

* Les évolutions du travail. Celui-ci connaît, en particulier durant les années 1970, sous l’effet conjugué du progrès technique et de l’évolution des moeurs, de profondes modifications. De plus, les représentations du travail sont modifiées durant cette période (on cherche à finaliser le travail, à améliorer le milieu du travail, etc.).

* Nombre de financements se sont ouverts dès les années 1960, incitant les sociologues à se pencher sur des cas concrets et à développer des outils d’analyse adaptés à la transformation directe du terrain.

Néanmoins, il faut préciser ici que ces transformations de la discipline, postérieures aux années 1940, s’inscrivent dans la continuité de celles de la période précédente. Par exemple, les recherches sur le terrain ont en réalité commencé de façon relativement systématique dans les années 1920-30 aux États-Unis. Le but était alors d’améliorer la productivité du travail à l’heure de l’organisation scientifique du travail (cf. Frederick Winslow Taylor) et de la mise au point de stratégies managériales dans les entreprises. De même, si les principes méthodologiques de la recherche-action sont posés dès les années 1930-40 par Kurt Lewin, en réalité, la sociologie marxiste était dès le XIXème siècle, favorable aux interventions de terrain, même si c’était dans une direction bien spécifique. Si rupture il y a, elle concerne donc davantage les finalités, la méthode et surtout, la position institutionnelle de la sociologie du travail.

La psychologie et la psycho-sociologie prennent leur envol alors que les principaux excès du taylorisme (à savoir, sur-division du travail, vision simpliste de l’homme au travail et de l’Homme en général, scientisme) commencent à être reconnus par les théoriciens, et surtout dénoncés par les travailleurs. En conservant l’idée de l’organisation comme le résultat de déterminismes individuels et collectifs, les premiers théoriciens « humanistes » attribuent les résistances au taylorisme au facteur humain. L’enjeu consiste donc à le rationaliser à son tour, après avoir rationalisé la structure de travail que représente l’entreprise.

L’école des relations humaines regroupe des théoriciens qui, sur la base de plusieurs études empiriques, cherchent à dégager les éléments d’une harmonisation entre groupes abstraits et travailleurs isolés (par exemple, l’ouvrier spécialisé et le Bureau des méthodes). Les expériences de Hawthorne à la Western Electric Company par Elton Mayo sont une célèbre étude empirique sur laquelle se fonde l’école des RH. Elle met d’abord en lumière le fait que, quand des groupes se sentent valorisés car on s’occupe d’eux, la productivité individuelle de ses membres augmente. Mais cet effet est peu durable car, le temps aidant, les productions individuelles ont tendance à devenir égales, sur la base du plus faible rendement du groupe. L’autre élément dégagé par les expérimentateurs à Hawthorne est l’existence d’une vie de groupe, articulée autour des tensions et du moral général ; cette vie de groupe constitue un élément primordial du travail. Le rôle de l’agent de maîtrise est redéfini par l’école des RH en termes d’écoute et de conciliation, plutôt que d’autorité.

Kurt Lewin s’attache à prendre en compte les dynamiques de groupe, et tente d’expliquer par l’expérience les comportements en société. Il va étudier les groupes humains au travail, et expérimenter différentes hypothèses d’autorité. En soumettant trois groupes d’enfants, chargés de fabriquer des masques, à trois styles de leadership, Lewin tente de déterminer la manière la plus productive de s’y prendre. Le leadership "laisser-faire" produit des résultats extrêmement peu productifs en ce qu’il favorise la non coopération entre les enfants. En l’absence du leader, ceux-ci ne continuent pas le travail. Au final, on observe une quantité produite peu élevée, avec une faible qualité. Le leadership autoritaire à quant à lui des mérites en termes de quantité produite, mais augmente l’agressivité et les décharges émotionnelles des enfants. En outre, la qualité des masques est très moyenne. Enfin, à l’issue d’un leadership démocratique, ou l’on observe que les enfants continuent le travail en l’absence du leader, et ou la coopération est grande, la qualité de la production est très nettement supérieure aux expériences précédentes, même si la quantité demeure inférieure au leadership autoritaire.

Somme toute, il s’agit de laisser au travailleur l’autonomie intellectuelle minimale lui permettant de comprendre ce qui lui est demandé, donc lui redonner un certain pouvoir. Ce n’est pas franchi dans les applications des théories de l’école des relations humaines, qui furent peu nombreuses. Le principal apport des théoriciens de ce mouvement consiste en la prise en compte de l’homme comme acteur de groupe. Le facteur technique n’est ainsi plus privilégié par rapport au facteur humain. Mais ces mêmes théoriciens ne considèrent pas encore le groupe comme un acteur à part entière, au-delà de ses membres. De plus, le clivage décisionnel entre direction et ouvriers demeure : cadres et dirigeants détiennent le « raisonnement logique » en opposition à un « raisonnement non logique », ce qui laisse les travailleurs assumer leur rôle taylorien de simples instruments humains du travail. Enfin, l’école des relations humaines ne débouche pas sur des applications concrètes puissantes.

On peut considérer Renaud Sainsaulieu comme l’un des principaux théoriciens français de la sociologie des organisations au service des classes dirigeantes. Il a en effet fortement contribué au développement de cette discipline en France, en prenant la suite des travaux de Michel Crozier au sein du Centre de Sociologie des Organisations. Il a mené de nombreuses recherches sur la culture et la construction identitaire des individus dans les organisations (L’identité au travail, 1977). On lui doit d’avoir mis en évidence la fonction socialisatrice des organisations et des institutions intermédiaires, et d’avoir montré le rôle fondamental de l’identité sociale et de l’identité individuelle dans le déroulement de la vie professionnelle et organisationnelle.

Il a également développé la sociologie de l’entreprise rapprochant la sociologie des organisations vers la sociologie du travail par la confrontation des différentes approches et grilles d’analyse : stratégique, socio-technique, identitaire, culturelle… Il est notamment à l’origine du concept de dirigeance.

Il a par ailleurs présidé des comités de prospective ou scientifiques de grandes entreprises (Banque de France, Rhône-Poulenc,Compagnie générale d’immobilier et de services, Vivendi Communication....)

4 Comme l’Homme machine de La Mettrie

5 On trouve cette idée chez Diderot, d’Holbach, etc. Mais c’est Fourier (1772-1827) qui poussera l’analogie le plus loin avec sa Théorie de l’attraction passionnée.

6 « J’ai regardé les choses, et j’ai vu qu’elles n’étaient pas mues par leur simple fantaisie. J’ai posé les principes, et j’ai vu les cas particuliers s’y plier comme d’eux-mêmes. »

Sociologie d’Auguste Comte

Sociologie de Karl Marx

Sociologie de Claude Lévi-Strauss

Sociologie de Durheim

Sociologie de Bourdieu

L’émergence de la sociologie

D’autres lectures de sociologie Rien ne vaut un exemple !

“Faire du capital un outil au service du travail : un point de vue syndical de la finance responsable.” est un ouvrage de Gilles L. Bourque et Daniel Simard :

"Depuis au moins une vingtaine d’années, nous assistons à une transformation en profondeur des sociétés modernes. Dans la foulée d’une mondialisation des problématiques issues des domaines des pratiques financières, du respect des droits sociaux et démocratiques ou de l’environnement, nous participons à un phénomène historique exceptionnel de « grande transformation », tel que l’a si bien décrit Polanyi dans son célèbre ouvrage (Polanyi, 1983).

Plusieurs acteurs sociaux ont compris que la résolution de ces problématiques passe par l’institutionnalisation d’un nouveau compromis social. Qu’il s’agisse du mouvement syndical, qui fait l’objet du présent texte, du mouvement des droits humains ou du mouvement environnementaliste, tous ces acteurs sont acquis à l’idée que les solutions passent par la construction de véritables institutions régulatrices internationales, qui soumettraient les individus, les organisations et les communautés à de nouvelles règles et à de nouvelles formes de solidarité internationales, plutôt qu’à une généralisation toujours plus pernicieuse du laisser-faire.

Or, habituellement les institutions ne font que codifier des règles déjà existantes. Les institutions sont en effet généralement précédées par des innovations sociales, c’est-à-dire par de nouvelles pratiques, qui auront à passer avec succès et répétition les épreuves de la réalité concrète, et par de nouveaux modèles de représentation de la réalité, qui découlent directement des apprentissages résultants de ces innovations (Dobbin, 1994). C’est à travers ces apprentissages que se forgent de nouvelles conventions de participation ou d’identité sociale (Boltanski et Thévenot, 1991 ; Salais et Storper, 1993), puis, dans la mesure où ces conventions se diffusent, de nouvelles manières de penser, d’agir et de faire s’enchâssent (embedded) dans des formes institutionnelles s’imposant aux acteurs (Granovetter, 1985).

Les mouvements de la finance socialement responsable (FSR) et de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) font parties de ces innovations en émergence. Ils ne se situent pas dans une vision « ultralibérale » de la mondialisation, dans la mesure où ils ne visent pas à remplacer les interventions publiques par des interventions privées volontaires. Ces mouvements cherchent plutôt à faire appliquer les conventions internationales dans les domaines sociaux et environnementaux, en même temps qu’ils font œuvre de pionniers pour la construction d’une régulation internationale, sur la base de nouveaux partenariats où les acteurs sociaux de la société civile seraient parties prenantes.

Nous pensons que ces mouvements de la société civile sont en train d’établir les principes et de construire les règles de base du système de régulation internationale en émergence, au même titre que le mouvement associatif (syndical, coopératif et mutualiste) du siècle dernier avait établi et mis en œuvre les principes des systèmes de sécurité sociale avant leur mise en place par les États occidentaux.

Ces nouveaux mouvements sociaux économiques correspondent à une nouvelle modalité de l’action collective (Gendron et Bourque, 2003). Même si on peut les présenter comme une troisième génération de mouvement social, ils ne viennent pas tant remplacer les mouvements précédents qu’ouvrir des champs d’intervention dans la sphère autrefois suspecte de l’économie. Les nouveaux mouvements sociaux économiques sont donc non seulement en lien avec mouvements sociaux des générations précédentes, ils en sont même souvent issus.

(...)

Les mouvements de la finance socialement responsable et de la responsabilité sociale des entreprises font œuvre de pionniers pour la construction d’une nouvelle régulation économique. Ces mouvements de la société civile sont en train d’établir les principes et de construire les règles de base du système de régulation internationale en émergence.

Le mouvement syndical est l’un des intervenants majeurs de ces nouvelles pratiques. Il a d’ores et déjà démontré sa volonté et son influence pour agir sur les enjeux actuels. Dans la mesure où la finance joue de plus en plus un rôle prépondérant dans la formation des équilibres macroéconomiques et dans la gouvernance des entreprises, nous pensons que le rôle que peuvent jouer les syndicats, comme acteurs importants du mouvement de la finance responsable, aura des impacts considérables autant pour un renouveau du syndicalisme et des pratiques démocratiques au sein des entreprises, que plus globalement pour la mise en place des conditions (réseautage des mouvements sociaux, enchâssement des droits humains et sociaux dans les règles du commerce, plus grand respect de l’environnement) pour un développement plus durable.

Ces nouvelles expériences sont encore très récentes et les résultats qui en découlent restent fragiles, sinon mitigés. Mais l’ampleur prise par le mouvement nous fait penser que ces expériences ont atteint un point de non retour et que les principaux impacts qu’ils auront sur les dimensions environnementale et sociale de l’activité économique, y compris sur la vie démocratique à l’intérieur des entreprises, restent encore à venir.

Dans la poursuite de ses buts, le mouvement syndical a l’opportunité d’ajouter à son pouvoir de négociation dans le domaine du travail, un pouvoir de surveillance et d’intervention dans le domaine de la finance. Nous pensons qu’il faut mettre le capital au service du travail et du développement pour faire en sorte que l’épargne des travailleuses et des travailleurs favorise l’enrichissement collectif, une réduction des inégalités intra- et internationales, une consolidation des droits humains et sociaux ainsi que le renforcement de la démocratie là où ils sont violés ou fragilisés. C’est l’une des raisons d’être des outils financiers collectifs institués par la CSN." etc, etc....

Voilà la sociologie au service du grand capital !!!

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