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Les syndicats sud-africains arrêtent une grève générale sans avoir obtenu satisfaction

mercredi 6 octobre 2010, par Robert Paris

Voilà bien une preuve de la confiance que l’on peut porter aux directions syndicales, même si elles mènent pendant un temps une lutte radicale : lundi 6 septembre, après vingt jours de lutte, les syndicats sud-africains ont «  provisoirement  » arrêté la grève de la fonction publique. Ils se sont donné trois semaines "pour consulter leur base" et décider s’ils accepteront la proposition salariale du pouvoir qu’ils avaient initialement rejetée. Elles n’ont pas consulté la base comme elles prétendaient qu’elles allaient le faire. Elles ont arrêté la lutte en prétendant que la lutte pouvait reprendre ensuite !!!

Le 7 septembre, après trois semaines de grève, les leaders syndicaux ont appelé à la reprise sur la base d’un accord qui donnerait aux grévistes 7,5 % d’augmentation et 80 euros par mois de prime de logement (contre les 5,2 % et 50 euros initialement proposés par le gouvernement). Mais ce ne fut pas du goût de tous, comme on le vit lors de l’assemblée de militants enseignants de la province de Johannesburg, où les leaders syndicaux se firent huer et durent quitter précipitamment les lieux. Face à cette colère, les autorités de la province montrèrent leur hâte de voir finir la grève en offrant de payer une partie des heures de grève. Dans le même temps, les dirigeants syndicaux nationaux faisaient machine arrière, arguant qu’on les avait mal compris et qu’ils proposaient une « suspension » de trois semaines du mouvement, pour « consulter » les syndiqués pendant que s’ouvraient de nouvelles négociations.

Au même moment, néanmoins, la vague de grèves rebondissait dans le privé, lorsque les 70 000 ouvriers de l’équipement automobile se joignirent à ceux de l’industrie du pneu, en même temps que plusieurs dizaines de milliers de salariés des chaînes de distribution d’essence. En même temps, de nouvelles grèves éclataient dans les mines, portant à une dizaine le nombre d’exploitations paralysées.

Conclusion : la grève des fonctionnaires a été arrêté au moment même où elle pouvait devenir une véritble lutte de toute la classe ouvrière d’Afrique du sud.

La grève avait atteint une limite : celle de la capacité des dirigeants syndicaux à se battre contre le système : contre le pouvoir et contre la classe dirigeante...

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  • Plusieurs dizaines de mineurs grévistes ont été tués jeudi lors d’un violent affrontement avec la police à la mine de platine de Marikana en Afrique du Sud, où des violences liées à un conflit social avaient déjà fait 10 morts depuis dimanche.

    "Oui, des gens ont perdu la vie", a déclaré à l’AFP par sms le porte-parole du ministère de la Police Zweli Mnisi, première source officielle à faire état de morts, sans toutefois donner de chiffres.

    Un photographe de l’AFP avait pu photographier cinq corps ensanglantés de mineurs grévistes juste après l’échange de tirs, sans pouvoir dire avec certitude si les victimes étaient mortes ou blessées.

    "Le ministère considère que, compte tenu de la volatilité de la situation, la police a fait de son mieux", a indiqué par ailleurs M. Mnisi dans un communiqué, précisant que le ministère avait l’intention de demander l’ouverture d’une enquête sur les événements de la mine de Marikana.

    "Ce qui s’est passé aujourd’hui (...) n’aurait pas dû arriver dans une démocratie, parce que le droit de manifester est un droit légal et constitutionnel reconnu à chaque citoyen", a admis M. Mnisi, "cependant, nous avions une situation où les gens étaient armés jusqu’aux dents, s’attaquaient et se tuaient les uns les autres".

    Jeudi matin, plusieurs centaines d’hommes armés de gourdins, de barres de fer et de machettes s’étaient de nouveau regroupés à l’extérieur de la mine, exploitée par Lonmin. Les grévistes réclamaient d’importantes augmentations de salaire.

    Dans la journée, la direction de la mine leur a intimé l’ordre de reprendre le travail vendredi, menaçant de licencier les récalcitrants.

    "Nous vivons comme des animaux"

    Face au refus des mineurs de se disperser, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Selon plusieurs témoignages, des mineurs ont répliqué avec des armes à feu.

    Gillian Findlay, la porte-parole de Lonmin, l’entreprise qui extrait le platine de Marikana, s’est refusée à tout commentaire à chaud. "C’est vraiment une opération de police, c’est donc plutôt à eux de commenter leur opération", a-t-elle dit.

    Ces incidents surviennent après des violences qui ont fait dix morts depuis dimanche.

    Les violences avaient commencé vendredi 10 août, lorsque des centaines de mineurs de fond ont lancé une grève sauvage. Certains, encouragés par le petit syndicat AMCU, réclamaient 12.500 rands par mois (1.250 euros), soit plus qu’un triplement de leur salaire actuel qui est d’environ 4.000 rands par mois (400 euros).

    Des affrontements ont alors éclaté entre des partisans du grand syndicat des mines NUM et ceux de l’AMCU, née d’une dissidence de la NUM. Dix personnes ont été tuées.

    "Nous sommes exploités, ni le gouvernement ni les syndicats ne sont venus à notre aide", avait déclaré l’un d’eux mercredi, Thuso Masakeng, "les sociétés minières font de l’argent grâce à notre travail et on ne nous paye presque rien. Nous ne pouvons pas nous offrir une vie décente. Nous vivons comme des animaux à cause des salaires de misère".

    Les mineurs vivent dans des taudis accolés à la mine, sans eau courante.

    Lonmin affirme que la grève a déjà coûté six jours de production à Marikana, soit 300.000 tonnes de minerai. L’entreprise estime désormais improbable d’atteindre son objectif annuel de production de 750.000 onces de platine.

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