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Editorial 01-09-2009 - Crise économique, crise sociale, crise sanitaire : où va leur société ?

dimanche 30 août 2009, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

Crise économique, crise sociale, crise sanitaire : où va leur société ?

En cette rentrée, on n’y voit pas plus clair dans la signification et l’évolution possible de la crise du capitalisme. Rien n’a éclairci la situation, ni réglé les problèmes posés. Une seule chose est sûre, c’est qu’au cours de l’été les licenciements et fermetures d’entreprises ont continué à pleuvoir malgré des discours partiellement rassurants prétendant que cela allait mieux. Comment est-ce que cela pourrait aller mieux alors que les banques qui ont touché des milliards de l’Etat continuent à refuser de prêter, que les trusts continuent à refuser de s’investir. Même les trusts automobiles sont en dessous des demandes de véhicules suscitées par les mesures gouvernementales d’aide à la fillière parce qu’elles ne veulent pas s’engager dans des investissements. Durant tout l’été, les luttes contre les licenciements et les fermetures ont été au centre de l’actualité, qu’il s’agisse des Molex ou des New Fabris et ces salariés se sont battus seuls. Avec la rentrée, ça continue avec des suppressions d’emplois à La Poste qui poursuit sa réorganisation, à l’Hôpital public ou à la SNCF. L’Etat, en aidant les trusts PSA et Renault, avait prétendu faire s’engager leurs patrons à empêcher les faillites des sous-traitants. On voit bien aujourd’hui que tout cela était vaines paroles, tout comme les promesses de banques qui feraient crédit et ne distribueraient plus de stock-options, de profits aux actionnaires ou de surprimes aux patrons.

La grippe A suit exactement le même rythme d’annonces contradictoires que la crise et bien malin qui arriverait à s’y retrouver dans cette alternance d’annonces rassurantes et inquiétantes. Si l’Etat cherchait à faire perdre la boussole politique et sociale à toute la population, on ne s’y prendrait pas autrement. Et, en même temps, les fermetures de lits, de services, les suppressions d’emplois continuent dans l’hôpital public. L’Etat a donné des sommes colossales aux laboratoires pharmaceutiques alors que ceux-ci n’ont toujours aucun vaccin et n’ont auront peut-être aucun véritablement valable. Rappelons qu’ils n’en ont eu aucun pour la grippe aviaire ! Un jour, Pelata, patron de Renault, annonce qu’il pourrait fermer des sites pour cause de grippe A. Un autre jour, les écoles fermeraient s’il y a trois malades et les infirmières pourraient être baladées d’un hôpital à l’autre pour cause de manque de personnel. La grippe porcine va-t-elle servir à faire passer en douce les transformations sociales dont les intérêts capitalistes ont besoin ? Le Mexique, le premier frappé, a interdit les rassemblements et manifestations sous prétexte de grippe A, juste avant de faire reprendre le travail malgré l’épidémie. Les Etats ont laissé la grippe se propager, considérant que c’était un dérivatif utile car, du fait de la crise, le système risque d’être contesté.

L’Etat français, comme tous les autres Etats, a investi des sommes colossales qu’il ne possède pas, en hypothéquant l’avenir. Et pourtant la crise est loin d’être réglée. Les investissements privés ne sont pas repartis. Les bourses ont seulement profité de cette manne étatique pour se distribuer quelques profits. L’Etat remplit le trou du système capitaliste à l’aide de l’épargne privée, coulant les caisses d’épargne et autres caisses de retraite, et appauvrissant toute la population, les salariés mais aussi les petits paysans, les pêcheurs, les épargnants. Il n’y a aucune chance que cela suffise pour combler l’abîme qui a été creusé par la crise.

Partis de gauche et syndicats, eux aussi, font comme si le système allait se redresser, comme s’il n’y avait pas d’autre problème que celui des mesures d’accompagnement. Ils continuent à nous présenter la crise comme le fait de quelques brebis galeuses, traders ou autres financiers, qui gêneraient le fonctionnement d’un système qu’ils prétendent par ailleurs parfaitement viable. Ils essayent ainsi de nous amener à penser que nous devrons faire quelques sacrifices pendant un temps court, à la suite de quoi tout s’arrangera, comme d’habitude. Mais nous défendre ne signifie nullement sauver le système ni l’entreprise et la méthode Coué ne soigne pas des maladies graves. La stratégie des centrales syndicales n’est pas une méthode pour se défendre. Unies ou désunies, elles ne permettent pas plus de développer la lutte des travailleurs et encore moins de donner une perspective à une société qui s’effondre.

Plus tôt la classe ouvrière prendra la tête de la lutte contre les capitalistes et leur système, avant de prendre la tête de toute la société et de la gérer dans les seuls intérêts de la population, mieux cela vaudra, car c’est la seule issue qui ne soit pas mensongère ni démagogique.

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