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Editorial 13-07-2009 - En attendant la reprise....

lundi 13 juillet 2009, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

En attendant la reprise ….

C’est Fillon qui s’est chargé d’annoncer la bonne nouvelle : il n’y a plus d’inquiétude à se faire, l’économie française a touché le fond ! Le plus grave en somme serait de s’inquiéter… En effet, cela voudrait dire que les salariés penseraient que ce n’est pas une crise passagère et refuseraient d’accepter de nouveaux sacrifices. Les petits bourgeois cesseraient de mettre leurs économies dans des entreprises comme EDF, au bord de la faillite et dans des emprunts comme ceux de l’Etat : des épargnes qui viennent se jeter dans le gouffre des dettes publiques (en les accroissant). La population cesserait de faire confiance aux banques et en retirerait ses fonds. Il y aurait alors un véritable risque pour la classe dirigeante : l’alliance de toutes les couches populaires victimes de la crise, des salariés aux petits paysans et aux petits bourgeois des villes contre la classe capitaliste responsable de la crise.

Voilà pourquoi le gouvernement a tenu à présenter l’emprunt Sarkozy comme un plan pour l’après crise et non comme un nouveau plan de relance. Mais, rien ne dit que Christine Lagarde avec ses exhortations sur la « sortie de crise » soit plus efficace que Christine Boutin affirmant que la France n’était pas touchée par la grippe porcine…. La méthode Coué en économie ?

Mais surtout les plans gouvernementaux continuent à faire payer les plus démunis et à donner des milliards aux plus riches… Le projet soumis par Sarkozy aux syndicats est plus que clair : plus de cent milliards d’endettement supplémentaire (avec des profits aux gros prêteurs) dont 85 milliards à 19 banques (encore !), 3,7 milliards aux patrons de la construction, 6 milliards aux patrons de l’Automobile et 1,7 milliards aux patrons de la recherche. Enfin, 12,8 milliards aux patrons des autres sociétés privées.

Pendant que le gouvernement prétend ainsi aider les patrons à être plus compétitifs lors de la « sortie de crise », il aide les patrons à supprimer massivement des emplois et en supprime lui-même tout autant dans les services publics. Oui, l’Etat licencie à la télé, au CNRS, à la SNCF, au Pôle-emploi, à La Poste, dans l’Hôpital public et dans l’Enseignement. Il aide les patrons qui suppriment des emplois, brutalement comme progressivement, par le chômage partiel. Il aménage les lois dans ce but. Il paie des formules nouvelles de « formation » vers le licenciement. Mais, s’il propose de travailler jusqu’à 67 ans et le dimanche, est-ce pour … lutter contre le chômage ?

Tous ces projets sont fondés sur la fable selon laquelle la crise ne devrait pas durer plus que quelques mois, un an, ou tout au plus deux ans… Or, la chute n’a pas cessé depuis le début de la crise et elle s’accompagne mondialement par des suppressions d’emplois. Ce sont les investisseurs privés qui font défaut.

Même si on essaie de nous faire croire encore que nos emplois sont partis en Asie, par exemple en Chine, l’Asie est en réalité tout aussi frappée par les suppressions massives d’emplois et la misère. Si ce n’est pas plus encore … comme le Japon. Le pays dans lequel s’est enclenchée la crise, les USA, ne font que s’y enfoncer plus de mois en mois, supprimant sans cesse plus d’emplois, détruisant des capacités productives, voyant diminuer sans cesse ses investissements et ses capacités de consommation. Et le plan Obama n’y a rien fait, pas plus que le plan Bush qui l’avait précédé. Les USA parlent maintenant d’un nouveau plan de relance alors qu’on atteint le record des banques américaines en faillite en un an. Les plans d’aide à l’Automobile, loin d’avoir pour but d’éviter les suppressions d’emplois, ont été conditionnés par Obama par des suppressions plus importantes d’emplois.

Et, surtout, sur le fond rien n’est réglé. Les banques détiennent toujours des sommes colossales d’actifs pourris. La finance continue de jouer avec des fonds du type subprime, appelés LBO par exemple. L’investissement privé n’a pas redémarré malgré les aides massives des Etats qui se sont seulement traduits par des prises de bénéfices boursiers momentanés. L’endettement massif s’est reporté sur les Etats qui vont bientôt atteindre leur propre faillite et celle des monnaies, provoquant une inflation généralisée.

Pendant ce temps, la population du monde est confrontée à une famine qui s’étend et à un effondrement économique qui n’a aucune raison de s’arrêter. Il est d’autant plus indispensable que les travailleurs développent leurs propres perspectives car le danger est grand que l’effondrement du capitalisme nourrisse les nationalismes, les protectionnismes et les guerres.

Face aux nationalismes, l’union des travailleurs du monde devrait être la seule réponse et pourtant on en est loin. On le voit à la situation des travailleurs sans-papiers. La division de la classe ouvrière est entretenue par les directions syndicales comme vient récemment de le montrer l’expulsion des sans-papiers de la Bourse du Travail (ne devrait-elle pas être la maison des travailleurs ?). On l’a déjà vu avec la montée d’un discours anti-asiatique du style : les Chinois polluent, nous prennent nos emplois, nous vendent des produits de mauvaise qualité... Avec la crise, de telles idées sont une menace considérable. La petite bourgeoisie, les chômeurs et les couches populaires peuvent basculer dans la haine violente sans pour autant rejoindre le combat des travailleurs. Ces idées fascistes sont un danger redoutable tant que les travailleurs ne défendent pas leur projet de société.

La reprise, c’est du bluff, mais c’est aussi une politique de la bourgeoisie

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